"Elle veut faire tout flamber": Élisabeth Badinter s'en prend à Sandrine Rousseau, "une femme dans la toute puissance"

"Elle veut faire tout flamber": Élisabeth Badinter s'en prend à Sandrine Rousseau, "une femme dans la toute puissance"
Sandrine Rousseau à l'Assemblée nationale le 11 juillet 2022 - Alain Jocard/AFP
Sandrine Rousseau à l'Assemblée nationale le 11 juillet 2022 - Alain Jocard/AFP

Vive passe d'armes entre deux figures du féminisme. La philosophe Élisabeth Badinter a croisé le fer ce mercredi matin par canaux interposés avec la députée Sandrine Rousseau. La gauche est confrontée depuis une dizaine de jours à une série d'affaires de violences faites aux femmes, d'une gifle reconnue par Adrien Quatennens sur son épouse à des accusations de violences psychologiques à l'encontre de Julien Bayou sur son ex conjointe qu'il nie formellement.

Et pour Élisabeth Badinter, la responsable de cette vague de révélations est toute trouvée.

"À la tête de la radicalisation, nous avons une députée écolo qui est Madame Rousseau et qui veut faire tout flamber", lance-t-elle ce mercredi au micro de France Inter.

"J'ai été particulièrement choquée par son intervention où elle s'est permise d'évoquer un problème entre Monsieur Bayou et sa compagne, d'appeler à son exclusion", a avancé l'écrivaine en référence à l'interview de Sandrine Rousseau sur le plateau de C à vous où la députée avait rapporté une conversation avec l'ex compagne de Julien Bayou, donnant à ces accusations déjà citées par le député EELV une nouvelle publicité.

"C'est une femme dans la toute puissance"

Élisabeth Badinter estime ainsi que la députée de Paris profite de ces affaires pour servir son ambition.

"Où sommes-nous pour mépriser à ce point la justice? (...) Je crois que c'est une femme qui est dans la toute puissance et qui se permet de contrer la justice".

Une sortie qui n'a pas manqué de faire réagir l'intéressée. Sandrine Rousseau lui a ainsi répondu sur son compte Twitter, assumant de vouloir faire "flamber le patriarcat, Madame, et avec enthousiasme de surcroît".

La députée parisienne confiait sur France 5 le 19 septembre dernier avoir reçu l'ex-campagne de Julien Bayou qui accuse l'élu de violences psychologiques. L'ancienne candidate à la primaire écologiste évoquait des "comportements qui sont de nature à briser la santé morale des femmes".

Depuis, Julien Bayou s'est mis en retrait de la co-présidence du groupe EELV à l'Assemblée nationale et a démissionné de son poste de numéro un du parti. "Il n'a jamais exercé la moindre violence psychologique à l'égard de ses compagnes", a assuré son avocate Marie Dosé lundi.

"Un combo de positions réactionnaires"

Les faits reprochés ne sont pas clairement connus, aucune plainte n’a été déposée et aucune enquête judiciaire n’a été ouverte.

L'éco-féministe porte de son côté un regard tout aussi sévère sur Élisabeth Badinter qui se pose comme "l'une des nombreuses filles de Simone de Beauvoir" et regrette plusieurs des propos tenus par la philosophe sur France inter.

"Élisabeth Badinter est un combo de positions réactionnaires ce matin", a ainsi regretté Sandrine Rousseau sur son compte Twitter, dénonçant notamment ses propos sur la prescritption de viol.

La philosophe dénonce depuis des années la "posture victimaire" des féministes françaises contemporaines. Interrogée sur la possiblité d'allonger le délai de prescription en cas de viol, actuellement de 10 ou 20 ans selon la date du crime que réclament notamment les victimes supposées de Patrick Poivre d'Arvor, Élisabeth Badinter dit non.

"Je vais vous dire si on en finissait avec la prescription, ça voudrait dire tout simplement qu’on assimile les violences sexistes à la loi contre les nazis, (...) à un crime contre l’humanité", a répondu la septuagénaire sur France inter ce matin.

Le ministre de la justice Éric Dupond-Moretti plaide de son côté pour interrompre la prescription si de nouveaux faits similaires sont commis par un même auteur.

Article original publié sur BFMTV.com