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Véronique Jannot : “À 22 ans, j'ai appris que je ne pourrais pas avoir d'enfant. Ça a été un choc, un traumatisme”

Connue et appréciée du grand public pour son rôle dans “Pause café”, Véronique Jannot a marqué toute une génération, celle des années 80. Âgée de 66 ans et actuellement sur les planches du Théâtre de Passy avec la pièce “Un Atelier pour deux”, elle a accepté de retracer son parcours dans le nouveau format de Yahoo, "Inoubliable", revenant sur certains moments marquants de son existence.

Comédienne incontournable des années 80, Véronique Jannot est une véritable touche-à-tout. Du cinéma à la chanson en passant par les émissions télévisées comme "Danse avec les stars", la sexagénaire s'épanouit également en montant sur les planches. À l’affiche d’”Un Atelier pour deux”, elle joue actuellement à Paris au Théâtre du Passy aux côtés de Jean-Luc Moreau et ce, jusqu’au 5 mai prochain. Curieuse de tout et aventurière dans l’âme, elle n’hésite pas à sortir des sentiers battus et s’est même mise à l’écriture. En 2006, son autobiographie “Trouver le chemin” sort, une aventure littéraire qu’elle a renouvelée très récemment avec la publication de l’ouvrage, “Le présent est mon refuge” (ed. XO).

Mais avant toute chose, elle rêvait de faire du cinéma. Et elle l’a fait avec brio. Très jeune, Véronique Jannot veut crever l’écran. À l’âge de ses 12 ans, une amie de sa mère la prend en photo et l’inscrit dans l’annuaire du cinéma, un répertoire qui recense des intervenants, artistes et techniciens du cinéma et de l'audiovisuel à travers le monde. À sa plus belle surprise, un metteur en scène canadien la contacte mais rien ne s'ensuit. Finalement, sa vie bascule trois ans plus tard.

“Il y a 50 ans, ça ne se faisait pas d’abandonner les études pour faire du cinéma”

En 1972, alors qu’elle a 15 ans, la réalisatrice Cécile Aubry repère son visage. Véronique Jannot passe alors un essai et obtient son premier rôle à la télévision dans la série “Le jeune Fabre”. “ Le risque, c’était que la notoriété me monte à la tête. Mais j'étais très équilibré. J’étais armée pour entrer dans la célébrité. Ça a été une aventure pour moi”, confie-t-elle tout en expliquant avoir dû tirer une croix sur ses études afin de poursuivre son rêve. “Les profs, à cette époque, n’ont pas été sympas du tout. Ça faisait désordre d’abandonner les études pour faire du cinéma. Il y a 50 ans, ça ne se faisait pas”.

Finalement, après diverses expériences dans le milieu, c’est dans les années 80, grâce à son rôle de Joëlle Mazart dans la série Pause Café, qu’elle se fait connaître du grand public. Elle s’essaye même à la chanson. Elle interprète le générique de la série et enregistre son premier 45 tours. La comédienne s’accorde alors une parenthèse musicale pendant laquelle elle rencontrera Laurent Voulzy et avec qui elle vivra une belle histoire d’amour.

“Ça a été un choc”

Et si tout semble lui sourire, Véronique rencontre malheureusement quelques problèmes de santé. Diagnostiquée d’un cancer de l’utérus, elle apprend à l’âge de 22 ans qu’elle ne pourra jamais avoir d’enfant. La jeune femme doit donc tirer un trait sur ses désirs de maternité. “Ça a été un choc, un traumatisme. Tout était remis en question. Ça m’a évidemment plus que déstabilisée”, confie-t-elle, toujours empreinte d’émotion. Fort heureusement, Véronique parvient à vaincre la maladie mais doit vivre avec l'idée d'être stérile, une réalité très dure à accepter.

Un peu plus tard, elle crée Graines d’Avenir, une association qui soutient les jeunes tibétains en exil afin qu'ils soient éduqués dans leur culture. Au village de Dharamsala, Véronique, qui s’est convertie au bouddhisme, parraine trois enfants : "un petit moine, un petit garçon et une petite fille". “Quand j'ai vu ma fille la première fois, je ne savais pas que j'allais l'adopter à ce moment-là. Et puis ça a été un coup de foudre”. Finalement, la comédienne retourne sur place tous les ans et finit, quelques années plus tard, par lui proposer de se rendre chez elle pour passer des vacances. “Elle n’a pas voulu repartir et j’ai tout fait pour qu’elle puisse rester”. Après diverses démarches administratives, elle parvient à l’adopter en 2013, soit sept ans après l’avoir rencontrée. Migmar a alors 15 ans. Aujourd’hui, à bientôt 25 ans, “elle est belle comme un coeur” et la jeune femme entretient avec elle “une complicité extraordinaire”. Des moments de vie inoubliables.