Verbatim. Pour la Fédération américaine de football, il est normal que les joueuses soient moins payées que les joueurs

Courrier international (Paris)
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Verbatim. Pour la Fédération américaine de football, il est normal que les joueuses soient moins payées que les joueurs

<![CDATA[/* ><!]]>*/ Un joueur [de l’équipe nationale] a plus de responsabilités pour le football américain qu’une joueuse [de l’équipe nationale]. (…) Vous croyez que l’équipe (féminine) pourrait rivaliser avec les meilleurs joueurs hommes ? Avocats de la Fédération américaine de football

Il y a un an, le 8 mars 2019, les joueuses de l’équipe américaine de football saisissaient l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes pour poursuivre leur fédération, l’accusant de “discrimination institutionnelle fondée sur le genre”. Leur objectif : obtenir l’égalité salariale avec l’équipe masculine, ainsi que de meilleures conditions de travail. Entre-temps, la sélection menée par ses quatre capitaines, Carli Lloyd, Alex Morgan, Megan Rapinoe et Becky Sauerbrunn, a décroché en juillet 2019 sa quatrième étoile, à l’issue d’une Coupe du monde féminine de football qu’elles ont dominée du début à la fin.

Mais, un an plus tard, la Fédération américaine de football n’en démord pas : les discriminations salariales sont justifiées. Comme le rapporte BuzzFeed ce mercredi 11 mars, cette dernière persiste et signe, affirmant que les joueuses de son équipe nationale ne méritent pas d’être payées autant que les hommes, qui ont “plus de responsabilités”. La fédération “a également évoqué les différences biologiques et ‘les arguments irréfutables de la science’ pour justifier l’idée que les joueuses doivent être moins payées, parce que l’équipe masculine ‘nécessite un plus haut niveau de compétences’ que l’équipe féminine”, détaille le site américain.

D’après des documents rendus publics en février, un avocat de la fédération américaine a par exemple demandé à la joueuse Carli Lloyd : “Vous croyez que l’équipe féminine pourrait rivaliser avec les meilleurs joueurs hommes ?” Ce à quoi la cocapitaine de l’équipe a rétorqué : “Je ne sais pas. Rendez-vous sur le terrain pour voir qui l’emporte et qui doit gagner le plus d’argent, alors.”

“Alors que le début du procès est prévu pour le 5 mai, rappelle le magazine sportif américain ESPN, la rhétorique des deux parties s’est intensifiée ces dernières semaines, à moins de trois mois des Jeux olympiques de Tokyo”. Quant à l’équipe masculine, également en pleines négociations pour sa propre rémunération, elle a apporté récemment son soutien aux joueuses, déclarant que le traitement réservé à l’équipe féminine était indéfendable.