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Vente de tabac: une étude pointe le laxisme des buralistes dans le contrôle des mineurs

S'il est en théorie interdit de vendre du tabac aux mineurs depuis 2010, il n'est pas rare que des jeunes de moins de 18 ans ressortent d'un bureau de tabac un paquet de cigarettes à la main. Une étude du Comité national contre le tabagisme (CNCT) publiée ce jeudi 22 mars révèle que 95% des mineurs fumeurs ont déjà réussi à acheter des paquets de cigarettes chez un buraliste.

Les résultats de l'enquête révèlent aussi que 80% des buralistes n'ont jamais refusé de vendre du tabac à des mineurs ces douze derniers mois. Victor, 17 ans, fume deux paquets par mois depuis la seconde, et il n'a jamais rencontré de difficultés pour se les procurer.

"Peu importe le tabac, il fournira toujours. Il me passe le paquet, prend l'argent et c'est tout", explique l'adolescent à BFMTV. "Même une personne qui va avoir une tête d'enfant, ils ne vont pas poser de question", abonde Maria, élève de terminale.

Mécanisme de contrôle automatique

Un constat que réfute Éric, propriétaire d'un bureau de tabac en face d'un collège. Il assure que la vérification d'identité est systématique quand un jeune lui demande des cigarettes. Avant de reconnaître que certains passent entre les mailles du filet:

"Parfois, des jeunes qui ont 17 ans en paraissent 22. Dans le flux, quand il y a du monde, on ne fait pas attention et après avoir vendu, on se dit que la personne n'était pas majeure", détaille-t-il.

De son côté, le Comité national contre le tabagisme plaide pour un meilleur encadrement des contrôles. "On préconise la mise en place d'un mécanisme automatisé pour contrôler l'âge du client et d'identifier si c'est un mineur", assure Emmanuelle Béguinot, directrice du CNCT. L'association demande la mise en place d'amendes et la suppression de leurs aides financières pour les buralistes qui ne respecteraient pas la règle.

"Commerçants responsables"

"Les buralistes sont des commerçants responsables", répond Philippe Coy, président de la Confédération des buralistes. "Nous devons être vigilants et ne pas vendre ces produits aux mineurs. En cas de doute, nous pouvons demander une pièce d'identité mais nous ne sommes pas autorité de la force publique".

Agressivité, violence des clients... Philippe Coy alerte aussi sur les risques que prennent les buralistes en contrôlant l'identité des acheteurs de cigarettes. "Ils prennent le risque de se prendre un coup de poing dans la figure, comme cela se passe régulièrement", souffle-t-il encore. Le responsable de la Confédération des buralistes reproche au Comité national contre le tabagisme de ne se focaliser que sur les buralistes en fermant volontairement les yeux devant l'éclosion de marché parallèle de vente de tabac.

Article original publié sur BFMTV.com