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Une vente aux enchères d'objets de Mandela prévue à New York suspendue après l'opposition de l'Afrique du Sud

Alors que la vente devait avoir lieu le 22 février,la société d'enchères a décidé de la suspendre, Celle-ci suscite la colère du gouvernement sud-africain qui s'y oppose.

Une vente aux enchères d'effets personnels de Nelson Mandela prévue le mois prochain à New York a été suspendue en raison de l'opposition du gouvernement sud-africain, ont annoncé mardi ce dernier et l'organisateur de l'opération.

Une centaine d'"objets précieux" ayant appartenu à l'ancien héros de la lutte anti-apartheid, mort en 2013 à 95 ans, parmi lesquels une carte d'identité et certaines de ses célèbres chemises bigarrées, figurent au catalogue de la vente. Celle-ci est proposée par une société d'enchères américaine, Guernsey's, en lien avec Makaziwe Mandela, la fille du premier président noir sud-africain.

Alors que la vente devait avoir lieu le 22 février au Lincoln Center, Guernsey's a décidé de la suspendre, a annoncé lundi l'Agence sud-africaine des ressources patrimoniales (SAHRA).

"Cette vente est suspendue", a confirmé mardi Guernsey's dans un message publié sur son site internet.

Nouveau recours déposé

Annoncée initialement en 2021, la vente avait été déjà été suspendue. La SAHRA avait saisi la justice, au motif que l'enchère incluait des objets d'importance historique et culturelle.

Les juges sud-africains ont finalement donné leur feu vert en décembre, mais un nouveau recours a été déposé, dont le résultat est toujours attendu.

"La suspension de la vente est une approche responsable et prévenante", s'est félicité la SAHRA. "Elle permettra aux procédures judiciaires en cours de s'achever et (nous) donne l'opportunité de poursuivre (notre) objectif de préserver l'héritage culturel de notre nation", ajoute-t-elle.

"Partie intégrante du patrimoine sud-africain"

La vente a suscité la colère du gouvernement sud-africain qui s'y oppose.

"Nelson Mandela fait partie intégrante du patrimoine sud-africain", a fustigé vendredi le ministre de la Culture Zizi Kodwa, en appelant à ce que les témoignages de "l'oeuvre de sa vie restent dans le pays".

Un recours a été déposé pour bloquer "l'exportation non autorisée" de certains objets destinés à la vente, a poursuivi le ministre.

Guernsey's a décrit une vente "exceptionnelle" et "sans précédent".

La clé de la cellule plus dans la vente

Une chemise en jacquard de soie noire, que Mandela portait lorsqu'il a rencontré la reine Elizabeth en 1996, y était proposée au prix de départ de 34.000 dollars et un porte-document en cuir d'autruche à 24.000 dollars. Des échanges épistolaires et des cadeaux de Barack Obama et Bill Clinton figuraient aussi dans le lot.

L'original de la pièce d'identité de Mandela, datant de 1993, est proposé à partir de 75.000 dollars. La clé de la cellule de Nelson Mandela à Robben Island, qui faisait partie du premier catalogue, n'y figure plus.

Selon Guernsey's, la fille de Mandela a autorisé la vente afin de récolter des fonds pour la construction d'un jardin en mémoire du Nobel de paix, près de sa tombe, dans son village d'enfance de Qunu (sud).

Le président de Guernsey's, Arlan Ettinger, avait déclaré plus tôt dans le mois que les objets proposés à la vente était de peu d'importance historique ou culturelle et auraient, sans cette vente, plutôt terminé "sur des étagères ou dans un placard quelque part" et "été oubliés" que dans un musée.

Article original publié sur BFMTV.com

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