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Vendanges dans le Rhône et la Marne : ce que l’on sait de la mort de six personnes

Depuis le début des vendanges le 1er septembre, six saisonniers sont décédés dans les vignobles dans les départements du Rhône et de la Marne.
PASCAL GEORGE / AFP

DRAME - « Si je ne l’avais pas embauché, il serait encore là ». Une vigneronne a livré, ce mardi 12 septembre, au micro de France Bleu un témoignage bouleversant après la mort de l’un des vendangeurs qu’elle avait embauché pour s’occuper de ses parcelles en Champagne. La semaine dernière, alors que la France suffoquait à cause d’une canicule tardive, quatre vendangeurs sont morts dans la Marne et deux autres sont décédés dans le Rhône.

L’agricultrice raconte à nos confrères avoir vu le jeune homme de 19 ans mal en point vendredi 8 septembre, vers midi. Mais selon elle, le vendangeur a refusé de s’arrêter de travailler. « Je lui ai dit qu’il pouvait s’arrêter, il m’a répondu que non, qu’il allait continuer. Donc je l’ai laissé continuer. Et dans l’après-midi, mon mari lui a demandé si ça allait, il lui a dit que oui », raconte-t-elle encore. Dans l’après-midi, après plusieurs heures d’efforts sous le cagnard, il s’est écroulé avant de perdre connaissance.

« On leur dit qu’il faut boire, on leur fournit de l’eau, des bouteilles, des jerricans... Je ne sais pas ce qui s’est passé, pourquoi il est tombé », poursuit, en pleurs, la vigneronne rongée par la culpabilité de l’avoir embauché. Une autopsie a été réalisée lundi pour déterminer les causes de la mort du jeune homme et une enquête a été ouverte pour déterminer ses conditions de travail.

Des enquêtes ouvertes

Ces derniers jours, trois autres décès ont été recensés dans la Marne. Tous sont dus à des malaises cardiaques. Alors que le thermomètre est grimpé jusqu’à 35 degrés mardi 6 septembre, un vendangeur de 40 ans est retrouvé inanimé à Vitry-en-Perthois, rapporte La Voix du Nord. Un autre est mort à la suite d’un malaise à Chavot-Courcourt. Et une vendangeuse est décédée chez elle, après s’être évanouie pendant les vendanges, à Vert-Toulon.

Contacté par le quotidien l’Union, le parquet de Châlons-en-Champagne a confirmé que plusieurs enquêtes ont été ouvertes pour déterminer les circonstances de ces décès.

Dans le vignoble du Beaujolais, dans le Rhône, deux personnes sont aussi mortes après avoir travaillé dans les vignes. Il s’agit d’un quarantenaire, dont le corps a été découvert à Légny, selon Actu.fr. Un sexagénaire est aussi décédé dans une vigne de la commune de Bagnols.

Que ce soit dans les vignes du Rhône ou de la Marne, les conditions de travail à l’extérieur étaient très difficiles la semaine dernière. Une canicule inédite pour un mois de septembre a frappé l’Hexagone, et les températures ont largement dépassé les 30 degrés à l’ombre dans ces deux départements.

« C’est la première fois que ça arrive »

« C’est dramatique, c’est la première fois que ça arrive. C’est aussi la première fois qu’il fait aussi chaud. On n’est pas habitué à des vendanges sous des températures pareilles », a commenté Maxime Toubart, président du syndicat général des vignerons, au micro de RTL.

« Il y a des pauses rafraîchissement, on adapte aussi les horaires : on cueille plus tôt », poursuit-il. Mais ces mesures d’adaptation aux fortes chaleurs semblent insuffisantes alors que les saisonniers travaillent en plein soleil, parfois jusqu’à 72 heures par semaine par dérogation.

« L’activité doit être arrêtée en cas de fortes chaleurs. Si l’employeur ne le fait pas, les inspecteurs du travail devraient être dotés de la compétence pour le faire à leur place », a rappelé Anthony Smith, inspecteur du travail marnais, sur Twitter. Avant d’interpeller le ministre du Travail : « Il y a urgence Oliver Dussopt. »

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