Vaccin contre le Covid-19 : la crainte de l'oubli de la deuxième dose

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Photo d'illustration

Entre vacances d'été et faux sentiment d'être protégé avec une seule dose, plusieurs médecins rappellent l'importance de faire sa deuxième injection de vaccin.

Aux Etats-Unis, 8% de ceux qui ont reçu une première dose ont loupé la seconde, selon le New York Times. Un phénomène que le centre de vaccination du stade Vélodrome à Marseille affirme avoir également perçu. Auprès de BFMTV, le centre explique que 20% des rendez-vous pris pour la deuxième injection n'ont pas été honorés.

"Un couple de personnes âgées a oublié son deuxième rendez-vous"

Un phénomène qu'a constaté Michaël Rochoy, médecin généraliste qui participe à la campagne vaccinale dans le Pas-de-Calais. "Parmi mes patients, j'avais pris les rendez-vous pour les deux injections pour un couple de personnes âgées, mal insérées, qui ont des difficultés. Ils ont oublié ou raté leur deuxième rendez-vous, il a donc fallu en reprogrammer un", nous raconte le médecin généraliste. 

Des oublis mais aussi deuxième rendez-vous pris dans un autre centre plus proche de chez soi et qui a ouvert entre temps peuvent expliquer ces rendez-vous manqués.

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Le risque d'une deuxième dose pendant les vacances d'été

Mais la crainte de ces deuxième doses manquées est plus importante pour les semaines à venir. "Quand on prend son premier rendez-vous, on est obligés de prendre le deuxième immédiatement. Le problème, c'est que beaucoup vont tomber pendant les vacances des patients. Le risque c'est qu'ils ne viennent pas car ils sont à l'autre bout de la France, et ne prennent pas d'autre rendez vous pour la deuxième injection", redoute le médecin généraliste Jonathan Favre, qui exerce en centre de vaccination.

En effet, les deux doses de Pfizer et Moderna, les vaccins ouverts à tous publics, sont espacées de 39 à 42 jours. Ainsi, un rendez-vous pris le 10 juin pour la première dose entraine une deuxième dose autour du 22 juillet.

"Des patients peuvent se dire qu'une dose suffit, qu'il n'y a presque plus de virus"

Un dernier élément pourrait venir perturber la réalisation des deuxièmes doses. "Avec la communication, légitime, autour de l’amélioration nette de la situation sanitaire, les patients peuvent se dire qu'une dose suffit, qu'il n'y a presque plus de virus", redoute le docteur Jérôme Marty, alors que le nombre de nouveaux cas est en chute libre depuis plusieurs semaines. 

C'est en partie ce qui s'est passé aux Etats-Unis. Dans des entretiens menés par l'agence de santé publique américaine, certains récalcitrants à la deuxième dose expliquent qu'ils se sentent suffisamment protégés avec une dose, tandis que d'autres redoutent des effets secondaires.

Un manque de communication autour des deux doses

"Le problème, c’est que la communication est faite autour de l’intérêt du vaccin, avec l'idée de retrouver ses proches et une vie normale, mais il n'y a aucune explication simple sur l’intérêt de faire les deux doses du vaccin. On voit déjà ce problème avec le 'syndrome du vacciné'", ajoute le président du syndicat UFML.

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"Il faut absolument que les vaccinateurs rappellent l'importance de la deuxième dose lors de la première injection", rappelle le docteur Jonathan Favre, qui redoute également des difficultés pour faire fonctionner certains centres cet été, en raison des vacances du personnel.

Une deuxième dose indispensable à la protection

Pour limiter le nombre de patients ne faisant pas leur deuxième dose, Michaël Rochoy demande que la CPAM permette aux médecins traitants d'avoir accès à l'état de la vaccination de leurs patients "afin de voir s'ils n'ont pas oublié leur deuxième dose, et leur rappeler si nécessaire. Avec des rappels à 6 voire 12 semaines, cela va arriver".

Une deuxième dose pourtant indispensable pour être protégé, comme l'illustrent les données des autorités sanitaires britanniques face au variant indien. Une dose d'AstraZeneca ou de Pfizer ne protège qu'à 33% contre une forme symptomatique. La protection monte à 60% pour deux doses d'AstraZeneca et 88% pour Pfizer.

Même constat pour le variant britannique, qui représente plus de 85% des contaminations en France pour l'instant : de 50% après une dose de vaccin, la protection contre les formes symptomatiques monte à 66% pour AstraZeneca et 93% pour Pfizer, selon cette même étude.

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