Des vêtements à la vaisselle, les rayures sont en première ligne

© SARAH LAVOINE

Soudain, la marinière, cet incontournable des étés chics, en a pris un coup. Dans Rayures, une histoire culturelle (Seuil, 2021), voilà que l’historien Michel ­Pastoureau nous rappelle ce que tout le monde a oublié : à l’origine, le vêtement rayé servait à distinguer les bannis et les relégués. « Au cœur du Moyen Âge occidental, la rayure était péjorative », explique le médiéviste, qui fut le premier à consacrer un livre à ce motif, pas aussi lisse qu’il n’y paraît. De l’hérétique au lépreux, en passant par le bourreau et la prostituée, tous étaient alors affublés de vêtements rayés.

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Un symbole négatif inscrit dans ­l’inconscient collectif ? « Mon éditeur trouvait le sujet extravagant, voire bizarre, sourit l’historien. Titrée L’Étoffe du diable, la première édition, en 1990, était un tout petit format sans image. C’est au final celui de mes livres qui a été le plus traduit, dans 42 langues ! »

Le succès de l’ouvrage, depuis republié et enrichi d’illustrations, est la meilleure preuve que « rayé » rime désormais avec « succès ». Le motif a fait sa révolution : « À partir du XVIIIe siècle, à côté de la mauvaise rayure, est apparue une bonne rayure, ajoute Michel Pastoureau. Signe de liberté et plus tard de loisirs, elle a été utilisée abondamment dans le sport, sur les plages et les vêtements d’été. La rayure contemporaine est apparue dans les années 1950. » Jusqu’à devenir un ­incontournable de nos garde-robes (la mari...


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