Vélib a 15 ans, et son rôle a été décisif dans le boom du vélo

La maire de Paris, Anne Hidalgo, au guidon d'un Vélib électrique en septembre 2019. (Photo: Benoit Tessier via Reuters)
La maire de Paris, Anne Hidalgo, au guidon d'un Vélib électrique en septembre 2019. (Photo: Benoit Tessier via Reuters)

La maire de Paris, Anne Hidalgo, au guidon d'un Vélib électrique en septembre 2019. (Photo: Benoit Tessier via Reuters)

BICYCLETTE - C’était il y a 15 ans jour pour jour. Le 15 juillet 2007, en plein Tour de France, le maire de Paris Bertrand Delanoë lance en grande pompe, sous l’œil des caméras, un service de vélos partagés aujourd’hui emblématique de la capitale: le Vélib. Certes, Lyon dispose d’un service comparable depuis 2005 et La Rochelle a fait office de précurseur en 1976, mais avec 10.000 bicyclettes alors disponibles aux quatre coins de la capitale, Vélib devient immédiatement une vitrine du vélo en libre-service en France et en Europe.

”Ça a été une vraie rupture. Brutalement, du jour au lendemain, l’usage du vélo a explosé dans les rues de Paris”, se souvient Alexis Frémeaux, président de l’association Mieux se déplacer à bicyclette (MDB). “Au lancement du service, 40 à 50% des trajets vélo dans la capitale, c’était du Vélib. Le trafic a donc doublé dans une ville qui n’était pas du tout vélo à l’époque”, poursuit le responsable associatif interrogé par Le HuffPost.

Les raisons du succès sont multiples, souligne Alexis Frémeaux, qui pointe notamment la possibilité -alors inédite- d’effectuer des trajets à vélo en “aller simple”. Vélib libère également les cyclistes de la crainte du vol de vélo et règle les problèmes de stationnement du biclou, dans une ville où les logements sont généralement exigus.

“Vélib a fait des émules à beaucoup d’endroits”, souligne Camille Thomé, directrice de l’association Vélo & territoires, qui accompagne les collectivités dans la mise en place de leur politique vélo. ”Ça a été hyper structurant, en mettant le vélo sur orbite. Vélib a constitué une rampe de lancement pour tout un tas d’aménagements, et un gros tremplin pour les politiques cyclables locales à l’échelle de la France. Tout ce qui se passe à Paris est particulièrement observé, et dans ce cas ça a eu un effet d’entraînement incroyable”, salue-t-elle auprès du HuffPost, soulignant que les politiques conduites dans la capitale en matière de mobilités sont également très observées à travers le monde.

Une part importante des trajets

Quinze ans et un difficile changement d’opérateur plus plus tard -des mésaventures qui expliquent sans doute que ni la ville de Paris ni Vélib Métropole ne prévoient de grandes célébrations pour l’anniversaire du service ce vendredi 15 juillet-, le contexte est très différent pour Vélib. De plus en plus de Parisiennes et de Parisiens possèdent un vélo et le service est concurrencé par des opérateurs privés et le service Véligo de la région Île-de-France. Le nombre global de trajets à vélo, dopé par la crise sanitaire et les nombreux aménagements réalisés avant et après la pandémie, a pour sa part augmenté à Paris de 53% entre 2019 et 2021, selon Vélo & territoires. Une tendance qui se confirme pour 2022.

Pour Camille Thomé, les vélos en libre-service jouent un vrai rôle dans l’essor globale de la bicyclette. “Essayer le vélo, c’est l’adopter. L’utilisateur ou l’utilisatrice commence avec le Vélib ou le Vélo’v à Lyon, par exemple. Ça devient une habitude, il ou elle se rend compte que les trajets sont agréables et beaucoup plus rapides en ville. Avant de franchir le cap et d’acheter un vélo pour ne pas être tributaire du service de partage.”

Comme Arnold Schwarzenegger, Vélib compte aujourd'hui 380.000 abonnés annuels. (Photo: Gonzalo Fuentes via Reuters)
Comme Arnold Schwarzenegger, Vélib compte aujourd'hui 380.000 abonnés annuels. (Photo: Gonzalo Fuentes via Reuters)

Comme Arnold Schwarzenegger, Vélib compte aujourd'hui 380.000 abonnés annuels. (Photo: Gonzalo Fuentes via Reuters)

Résultat, malgré la “régression” qui a suivi le changement d’opérateur en 2018, Alexis Frémeaux note que “le Vélib reste aujourd’hui très présent dans les usages”, avec plus de 146.000 courses réalisées chaque jour en moyenne, selon Vélib Métropole. “Même si sa part dans le trafic a diminué et que Vélib est désormais une offre parmi d’autres, on a une utilisation du service qui est intensive. C’est d’ailleurs ce qui rend les choses plus difficile pour la maintenance”, constate le président de Mieux se déplacer à bicyclette (MDB).

Des dysfonctionnements persistants, mais...

Car c’est l’une des principales critiques formulées par les associations comme les élus du Grand Paris: depuis le changement de prestataire et l’arrivée de Smovengo en 2018, les dysfonctionnements perdurent. Début 2022, les maires de la métropole ont à nouveau manifesté leur “préoccupation persistante” face à un service qui “n’est pas au niveau attendu pour un service public de cette envergure”.

“Nous poursuivons nos travaux de fiabilisation du système et améliorons, de semaine en semaine, l’efficacité de la régulation et la maintenance”, a redit le prestataire Smovengo le 1er juillet dernier. Vélib Métropole annonce en outre une augmentation de 27% du nombre de ses usagers au premier semestre 2022. Mais selon Alexis Frémeaux, “il y a encore aujourd’hui une marge importante en matière de fiabilité du service et de maintenance des vélos”.

Malgré ces difficultés, et même si certaines villes moyennes ont dû renoncer à des systèmes de libre-service pour des raisons de coût ou par manque d’abonnés -à l’image de Perpignan ou Aix-en-Provence-, Vélib et ses homologues sont encore de beaux jours devant eux. Comme le soulignait le gouvernement dans son plan vélo présenté en 2018, les systèmes de location de longue durée et en libre-service “contribuent à baisser le coût de la pratique du vélo”. L’ère du Vélib est donc loin d’être terminée.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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