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Ukraine: au moins six morts et près de 80 blessés dans de nouvelles frappes russes

Au moins six civils ont été tués et près de quatre-vingts blessés au cours de frappes aériennes russes nocturnes visant notamment la capitale ukrainienne Kiev et la ville de Kharkiv (est), ont annoncé, ce mardi 23 janvier, les autorités locales.

Ces dernières semaines, Kiev et Moscou se sont accusés de multiplier les frappes sur les zones civiles, causant un bilan parfois très lourd, tandis que la situation sur le front est quasiment gelée.

Mardi matin, les secours évacuaient les habitants blessés, dont certains avaient le visage ensanglanté ou devaient être portés, a constaté un photographe de l'AFP. Des pompiers tentaient d'éteindre les flammes dans les débris d'un bâtiment touché, tandis qu'une équipe de secouristes essayait de retrouver des survivants.

À Pavlograd, dans la région de Dnipropetrovsk (centre), "une personne a été tuée et une autre blessée", selon le dirigeant régional, Serguiï Lyssak.

"Faire payer à la Russie"

À Kiev, 22 personnes ont été blessées, a indiqué de son côté le maire de la capitale, Vitali Klitschko, précisant que "13 ont été hospitalisées, dont trois enfants". Selon le ministère ukrainien de l'Intérieur, une personne serait en "état de mort clinique", mais les autorités de la capitale n'ont pas confirmé ce décès jusqu'à présent.

Un immeuble et des véhicules étaient en flammes dans le quartier Sviatochynski à Kiev, selon la même source. Dans ce même quartier, l'ogive non-explosée d'un missile a été retrouvée dans un appartement.

Dans le quartier de Pechersk, un incendie s'est déclaré dans un bâtiment "non résidentiel". Daryna Bodentchouk, une étudiante de 17 ans interrogée par l'AFP près d'un immeuble endommagé de la capitale, a dit être "bouleversée".

"C'est très effrayant", a-t-elle affirmé, expliquant qu'une fenêtre s'était brisée dans son dortoir.

Iryna Zalizna, manager de 25 ans, attend elle de pouvoir regagner son appartement, dans un immeuble dont les fenêtres ont également été soufflées. "Mais dieu merci, tout va bien (...) et tout le monde est en vie", a-t-elle déclaré.

Trois autres personnes ont été blessées par des "fragments de missiles" dans la région de Kiev, a annoncé le chef de l'administration militaire, Rouslan Kravtchenko.

Le Premier ministre ukrainien, Denys Chmygal, a affirmé que son pays allait "faire payer à la Russie la souffrance et la peine qu'elle a causée".

21 missiles russes abattus

Selon le commandant en chef de l'armée ukrainienne, Valery Zaloujny, la Russie a visé l'Ukraine avec 41 missiles de type S-300, S-400, KH-101, KH-555, KH-55, KH-22,KH-59 et Iskander. Au total, les défenses antiaériennes en ont abattu 21, selon la même source. Il assure que ces missiles "n'ont pas tous atteint leur cible" sans donner davantage de précisions.

L'Ukraine réclame d'urgence à ses alliés occidentaux plus de moyens de défense antiaérienne, et s'est fixée pour objectif en 2024 de reprendre le contrôle des airs dans cette guerre. Elle a aussi multiplié cet hiver ses propres attaques de missiles et de drones en territoire russe, visant en particulier la ville de Belgorod.

La Douma, chambre basse du Parlement russe, a annoncé avoir voté mardi un texte faisant appel à l'ONU et aux parlements du monde entier concernant les "attaques criminelles" de l'Ukraine "contre des civils sur le territoire russe".

Ces frappes interviennent alors que le Kremlin s'efforce de convaincre les Russes que leurs vies ne sont pas affectées par la guerre et qu'il a le contrôle de la situation. Moscou a en outre de nouveau nié avoir touché des civils dans les bombardements de mardi, affirmant, comme toujours depuis deux ans ne frapper que des objectifs militaires.

"Notre armée ne frappe pas les structures sociales (...) et les civils", a insisté mardi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Le ministère russe de la Défense a, lui, assuré avoir frappé des installations qui produisent "des missiles et leurs composants, des munitions et des explosifs", ajoutant, comme d'habitude, avoir atteint ses cibles.

Depuis le début de son offensive, en février 2022, des villes ukrainiennes comme Marioupol ou Bakhmout ont pourtant été dévastées et des centaines de milliers de militaires et de civils ont été tués.

Il n'existe cependant aucun bilan fiable, aucun des deux camps ne publiant de données détaillées et aucune organisation indépendante, y compris l'ONU, n'étant en mesure de fournir un décompte exhaustif des morts et des blessés.

Article original publié sur BFMTV.com