Turquie. À Istanbul, les étudiants dénoncent la mainmise du pouvoir sur les universités

Courrier international (Paris)
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La nomination début janvier par le président turc Recep Tayyip Erdogan d’un recteur pro-AKP, le parti au pouvoir, à la tête de la prestigieuse université Bogaziçi, a suscité de vives protestations. Quarante-cinq étudiants ont été arrêtés.

Perchée sur ses hauteurs au nord d’Istanbul, la prestigieuse université turque de Bogaziçi domine le Bosphore et les classements académiques depuis plus d’un siècle. Mais le parachutage, en ce début d’année, d’un recteur pro-AKP [le parti au pouvoir] à sa tête a entraîné de vives protestations de la part des étudiants et d’une partie du corps enseignant, qui dénoncent le fait du prince et une tentative de prise de contrôle du pouvoir.

C’est le grand repaire d’un petit milieu élitiste”, résume en des termes lapidaires l’éditorialiste Hilal Kaplan dans les colonnes du journal progouvernemental Sabah. “Le fait qu’on y chante des hymnes à la gloire du PKK [le Parti des travailleurs du Kurdistan​] ou qu’on y célèbre la mémoire d’étudiants morts dans les rangs des milices kurdes syriennes, voilà qui ne dérange personne, poursuit-elle. En revanche, que le président Erdoğan nomme à sa tête un universitaire à la carrière irréprochable, ayant même édité un ouvrage chez Routledge [une maison d’édition britannique d’ouvrages universitaires], et c’est le scandale.”

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Un avis que ne partage nullement l’opposition, ulcérée par le profil jugé assez médiocre de Melih Bulu, un expert en management, ancien recteur de l’université de Haliç n’ayant jamais enseigné à Bogaziçi. “Membre fondateur du l’antenne de l’AKP de Sarıyer [un distrcit d’Istanbum], membre du bureau stambouliote de l’AKP, candidat à la présidence du conseil municipal AKP d’Ataşehir et candidat à la députation sur les listes AKP de la première circonscription d’Istanbul, Melih Bulu

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