Tunisie: Nouveaux heurts lors de manifestations contre la crise économique

par Tarek Amara
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par Tarek Amara

TUNIS (Reuters) - Des émeutes et de violents affrontements ont éclaté dimanche pour une deuxième soirée consécutive à Tunis et dans au moins 15 autres villes tunisiennes entre manifestants et forces de l'ordre, alors que le pays fait face à une crise économique sans précédent.

Un représentant du ministère de la Défense, Mohamed Zekri, a déclaré à Reuters que l'armée avait été déployée dans plusieurs villes - Sousse, Bizerte, Kasserine et Seliana - afin de protéger certains bâtiments gouvernementaux.

Les autorités ont indiqué plus tôt avoir arrêté 240 personnes, pour la plupart des adolescents, après de violents affrontements avec la police dans la nuit de samedi à dimanche et dans la journée de dimanche.

Dix ans après la "révolution de Jasmin" qui avait chassé l'autocrate Zine El Abidine Ben Ali du pouvoir, la Tunisie a avancé vers une démocratie mais les problèmes économiques se sont aggravés, et le pays se trouve désormais au bord de la faillite.

Les contestataires n'ont pas formulé de claires revendications lors de manifestations, que les autorités ont décrites comme des émeutes, dans au moins une dizaine de villes.

Dans la capitale Tunis, un quartier délabré a été le théâtre de heurts entre des contestataires principalement adolescents et la police, qui a fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogène pour disperser la foule après avoir essuyé des jets de pierres.

Selon plusieurs témoins, des manifestants ont pillé des magasins dans plusieurs villes.

Le mouvement de contestation fait figure de défi pour le Premier ministre Hicham Mechichi, qui a remanié samedi son gouvernement sur fond de lutte d'influence politique entre les partis.

(Tarek Amara; version française Jean Terzian)