En Tunisie, «l’université des Lumières» triomphe du niqab

Libération.fr
Les deux étudiantes en niqab, dont l’une a accusé le doyen de l’avoir giflée, lors d’une audience, en octobre, à La Manouba.

En tranchant en faveur d’un doyen de faculté mis en cause par deux étudiantes intégralement voilées, la justice a conforté les défenseurs de la laïcité.

De tous les procès intentés contre ceux qui défient le pouvoir dans la Tunisie en transition, le plus emblématique, l’affaire Kazdaghli, a connu hier son dénouement. Accusé d’avoir giflé, le 6 mars 2012, une étudiante en niqab, Habib Kazdaghli, doyen de la faculté des lettres de La Manouba, près de Tunis, a été acquitté en première instance. Les deux plaignantes, Imen et Fattouma, ont pour leur part écopé de deux mois de prison avec sursis pour «atteinte à la dignité d’un fonctionnaire», plus deux mois encore pour la seconde qui a saccagé le bureau du doyen ce même 6 mars 2012. Les deux jeunes femmes compteraient faire appel.

«C’est un soulagement pour moi, pour l’université, pour la Tunisie que je défends», a réagi Kazdaghli, pendant que ses collègues célébraient la nouvelle dans son bureau. «Tout le monde s’accorde à dire que c’est un procès emblématique de l’Etat de droit en Tunisie. La justice a su résister aux pressions auxquelles elle a été soumise, les forces de la modernité étaient et seront là pour défendre l’université des Lumières», poursuit ce militant de longue date de la gauche modérée. «C’est un signe de bonne santé démocratique», estime aussi son ami et collègue Habib Mellakh, auteur des Chroniques du Manoubistan, dans lesquelles il retrace l’année de combat mené par le corps enseignant contre un groupe d’étudiants jihadistes militant violemment pour le droit inconditionnel au niqab.

Il aura fallu plus d’un an de procédure, une demi-douzaine d’audiences et autant de mobilisations pour sortir de ce «procès qui n’avait même pas lieu d’être», estime Kazdaghli. «C’est une affaire complètement absurde, montée de toutes pièces par le régime pour déstabiliser un doyen et l’institution universitaire», décrit également Mohamed Lakhdhar, le coordinateur des 40 avocats du comité de défense.

«Irrationnel». Les (...)

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