En Tunisie, une Constitution taillée pour un pouvoir présidentiel hégémonique

PHOTO FETHI BELAID/POOL VIA REUTERS

“Pourquoi le projet de Constitution est un ratage total.” En Tunisie, Businessnews s’est montré tranchant pour revenir sur le projet de Constitution publié au “Journal officiel” le 30 juin. “Pauvre et en deçà des ambitions”, il n’a pour seul mérite, estime le site, que de “révéler au grand jour le mode de pensée de ses rédacteurs. Il s’agit d’un projet hégémonique qui consacre le pouvoir individuel et l’immunise contre toute sorte de reddition de comptes ou de remise en question.”

Ce projet, qui doit être soumis à référendum le 25 juillet, est donc “une grande déception”, ajoute le site d’actualité tunisien, qui précise que “même certains soutiens déclarés [du président] Kaïs Saïed n’ont pu s’empêcher d’être dépités en voyant la quintessence de près d’un an de mesures exceptionnelles”.

Une Constitution conservatrice

Car “ce projet de Constitution tunisienne est fondamentalement conservateur” et donne tous les pouvoirs au président de la République”, résume Businessnews.

Parmi les sujets d’inquiétude, le site pointe l’article 5 du texte fondamental :

“La Tunisie fait partie de l’Oumma islamique [la communauté mondiale des musulmans]. Seul l’État devra veiller à garantir les préceptes de l’islam en matière de respect de la vie humaine, de la dignité, des biens, de la religion et de la liberté.”

Le concept religieux d’“Oumma” peut-il revêtir une dimension juridique et politique ? s’interroge Businessnews, qui s’inquiète de “l’instrumentalisation de la religion dans le champ politique” et craint l’avènement d’un État qui soit un “grand ordonnateur de la religion”. D’autant que l’article 44 ajoute que l’une des fonctions de l’État est d’“enraciner la jeunesse dans son identité arabo-musulmane”. “Il est évident que plusieurs lectures peuvent être faites de cette disposition”, note sobrement Businessnews.

Même alerte pour Kapitalis, pour qui cette Constitution, si elle était approuvée le 25 juillet, instaurerait “un État (presque) islamique”. Le site d’actualité tunisien note que l’article 5 indique également que “la Tunisie fait partie de la nation islamique, et l’État seul doit œuvrer pour atteindre les objectifs de l’islam pur”.

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