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« Trust » d'Hernan Diaz : jeu de piste littéraire et réflexion sur le capitalisme

L’argent est une fiction. Le père et la fille se promènent sur les quais new-yorkais quand le vieil anarchiste italien pointe du doigt les hautes tours de Wall Street et lance : « Un mirage. » L’écrivain américain d’origine argentine Hernan Diaz a remporté le prestigieux prix Pulitzer en 2023 pour « Trust ».

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L’argent est aussi un sujet en or. Dans son roman polyphonique, il y a plus de voix que de corps. Car l’essentiel est là : nous racontons des histoires et nous nous racontons des histoires. La ­fiction et la finance réclament toutes deux notre croyance. Les mots revêtent des sens différents selon qu’on les plonge dans les registres financiers ou moralistes. Le mot « trust » signifie à la fois, en anglais, un groupement d’entreprises et un lien de confiance. Dans « Trust », nos pas avancent sur un champ de mines.

Quatre voix, pour quatre parties

Qui parle ? Quatre voix, pour quatre parties : Harold Vanner, Andrew Bevel, Ida Partenza, Mildred Bevel. L’écrivain Harold ­Vanner relate le roman vrai d’un grand financier. Dans « Obligations », on reconnaît Andrew Bevel à travers la trajectoire de Benjamin Rask. Sa fortune démultipliée lors du krach boursier de 1929, son manque de sociabilité, son épouse soignée en Suisse pour cause de maladie mentale, sa conception abstraite de l’argent.

La lecture de la vraie-fausse biographie rend le tycoon Andrew Bevel ivre de rage. La fiction a recouvert la ré...


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