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Trump veut réduire au silence les ex-chefs du renseignement

Donald Trump envisage de retirer leurs habilitations de sécurité à six anciens responsables des services de renseignement, dont le directeur de la CIA à l'époque de Barack Obama, John Brennan, et le directeur du FBI limogé par Donald Trump, James Comey. /Photo prise le 23 juillet 2018/REUTERS/Carlos Barria

WASHINGTON (Reuters) - Donald Trump envisage de retirer leurs habilitations de sécurité à six anciens responsables des services de renseignement, dont le directeur de la CIA à l'époque de Barack Obama, John Brennan, et le directeur du FBI limogé par Donald Trump, James Comey, a annoncé lundi la Maison blanche.

"Le président n'envisage pas seulement de retirer son habilitation de sécurité à Brennan, il envisage aussi de retirer les habilitations de Comey, Hayden, Clapper, Rice et McCabe", a déclaré la porte-parole de Donald Trump.

Sarah Sanders faisait référence à l'ancien directeur de l'Agence nationale de la sécurité (NSA), Michael Hayden, l'ancien directeur du Renseignement national, James Clapper, l'ancienne conseillère à la sécurité nationale Susan Rice et l'ex-directeur adjoint du FBI, Andrew McCabe.

La Maison blanche reproche notamment à John Brennan d'avoir vivement critiqué Donald Trump après sa conférence de presse avec Vladimir Poutine il y a une semaine à Helsinki, pendant laquelle le président américain a donné davantage de crédit au dénégations de son homologue russe quant à une ingérence dans l'élection présidentielle de 2016 qu'à l'avis de ses propres services de renseignement. L'ancien chef de la CIA a notamment parlé de comportement proche de la trahison.

"Quand on accuse le président des Etats-Unis de trahison alors qu'on a le niveau le plus élevé d'habilitation de sécurité, quand on est détenteur des secrets les plus profonds et les plus sacrés du pays et qu'on lance publiquement de fausses accusations contre le président des Etats-Unis, alors il (Donald Trump) considère que c'est quelque chose dont il faut s'inquiéter. Et nous regardons quelles sont nos options et leurs implications", a précisé Sarah Sanders.

A un journaliste qui lui demandait si la Maison blanche entendait ainsi punir les anciens responsables du renseignement en raison de leurs critiques, elle a répondu: "Non, vous vous racontez une histoire."

La CIA n'a pas réagi pour le moment à cette menace très inhabituelle.

James Clapper a en revanche dénoncé sur CNN une attitude "très mesquine" de la part de la Maison blanche.

"D'un point de vue légal, le président dispose de cette prérogative. Il peut suspendre ou révoquer les habilitations de sécurité comme il l'entend mais s'il décide de le faire pour des raisons politiques, je trouve que cela crée un dangereux précédent (...) C'est un abus du système", a-t-il dit.

De nombreux anciens responsables du renseignement conservent leurs habilitations lorsqu'ils quittent leurs fonctions, soit parce qu'ils continuent à conseiller leurs anciens services, soit parce qu'ils en ont besoin pour occuper d'autres fonctions gouvernementales ou en tant que consultants.

(Steve Holland; Tangi Salaün pour le service français)