Trump prêt à faire du Brésil un allié majeur, "peut-être" dans le cadre de l'Otan

Donald Trump, qui recevait mardi à la Maison blanche son homologue brésilien Jair Bolsonaro, a loué les efforts du Brésil pour faire acheminer une aide humanitaire au Venezuela et a annoncé que leurs deux pays s'étaient engagés à réduire les barrières commerciales. /Photo prise le 19 mars 2019/REUTERS/Kevin Lamarque

WASHINGTON (Reuters) - Donald Trump, qui recevait mardi à la Maison blanche son homologue brésilien Jair Bolsonaro, a loué les efforts du Brésil pour faire acheminer une aide humanitaire au Venezuela et a annoncé que leurs deux pays s'étaient engagés à réduire les barrières commerciales.

Evoquant une "formidable rencontre", le président américain a ajouté qu'il envisageait d'inscrire le Brésil sur la liste des alliés majeurs des Etats-Unis, pourquoi pas même de faire entrer le Brésil dans l'Otan avec un statut particulier.

"Nous allons regarder cela très, très intensément pour ce qui est de l'Otan ou d'autre chose en lien avec une alliance", avait-il indiqué au début de leur rencontre, lorsque les journalistes étaient encore présents dans le bureau Ovale de la Maison blanche.

La Colombie est devenue en 2018 le seul pays latino-américain à rejoindre l'Organisation du traité de l'Atlantique-Nord avec le statut de "partenaire mondial". Concrètement, cela signifie qu'elle ne prendrait pas nécessairement part à une action militaire - alors que les membres de plein droit sont tenus par une clause de solidarité en matière de défense.

"Ainsi que je l'ai dit au président Bolsonaro, j'ai aussi l'intention de désigner le Brésil comme étant un allié majeur hors Otan ou, peut-être, un allié majeur dans le cadre de l'Otan. Il faudra que je parle à beaucoup de monde, mais peut-être bien un allié Otan - ce qui fera beaucoup progresser la sécurité et la coopération entre nos pays", a-t-il dit après leur entretien au cours de leur conférence de presse commune dans la Roseraie de la Maison blanche.

Bolsonaro, l'ancien officier qui a entamé son mandat présidentiel le 1er janvier dernier, a dit pour sa part qu'il se réjouissait du soutien apporté par Washington à la candidature du Brésil à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

La huitième puissance économique mondiale a fait acte de candidature en 2017.


COMPLICITÉ

A l'entame de leur rencontre, sous les objectifs des caméras et des photographes, les deux présidents élus sur des programmes populistes anti-élites se sont échangés des maillots de football de leur équipe nationale, le maillot auriverde du Brésil floqué au nom de Trump et la tunique moins prestigieuse du Team USA portant celui de Bolsonaro.

Le dirigeant brésilien, qui a calqué sa campagne présidentielle de 2018 sur celle de Trump deux ans plus tôt, se présente comme un admirateur du président américain, de sa politique et, plus globalement, de l'"American Way of Life".

Mardi, les deux dirigeants ont affiché leur proximité, rejetant le socialisme, célébrant leurs efforts conjugués pour évincer Nicolas Maduro du pouvoir au Venezuela.

"Le Brésil et les Etats-Unis sont unis par la garantie de la liberté, le respect de la famille traditionnelle, la crainte de Dieu le créateur, unis contre l'identité de genre, le politiquement correct et les fake news", a énuméré Bolsonaro.

Dans une interview accordée lundi soir à Fox News, la chaîne préférée de son hôte, il avait appuyé la politique du président américain en matière d'immigration, y compris la construction d'un mur à la frontière mexicaine.

"Nous sommes d'accord avec la décision ou la proposition du président Trump sur ce mur", avait-il dit. "La vaste majorité des immigrés potentiels n'ont pas de bonnes intentions. Ils n'entendent pas faire de leur mieux, ou faire du bien au peuple des Etats-Unis."

Face au tollé provoqué par sa sortie, notamment auprès des Brésiliens immigrés aux Etats-Unis, il a fait machine arrière mardi à la Maison blanche: "Je voulais dire qu'une petite part des individus qui émigrent n'ont pas de bonnes intentions et je me suis trompé: je présente des excuses pour cela."


(Lisandra Paraguassu et Roberta Rampton; Henri-Pierre André pour le service français)