Les traitements de l'espoir contre la maladie du foie gras

VOISIN / Phanie / Phanie via AFP

Conséquence directe de la multiplication des cas d'obésité, la stéatose hépatique non alcoolique (Nash) peut dégénérer en cirrhose, voire en cancer… De nouveaux médicaments sont en phase de test. Mais ils ne seront efficaces qu'avec une amélioration de l'hygiène de vie des malades.

Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°911, daté janvier 2023.

En France, 8 millions de personnes auraient le foie trop gras. Et près de 12 % d'entre elles, soit environ 900.000 personnes, souffriraient d'une stéatose hépatique non alcoolique (Nash) dite maladie du foie gras. En cause, une mauvaise alimentation et un manque d'activité physique qui peuvent à terme dégénérer en cirrhose - même si le patient ne boit pas d'alcool -, voire en cancer. À partir de la cirrhose, différents symptômes peuvent apparaître : écoulement de liquide dans l'abdomen (ascite), désorientation, perte de contrôle des sphincters, incapacité à s'exprimer…

Une étude menée par l'Inserm en France et le King's College de Londres (Royaume-Uni) vient même de révéler que l'accumulation de graisse dans le foie entraîne une diminution de l'oxygène dans le cerveau et une inflammation des tissus cérébraux - deux phénomènes associés à une augmentation du risque de maladies neurologiques graves comme la démence. "La maladie du foie gras est une conséquence directe de l'épidémie d'obésité dans le monde ", déplore le professeur Lawrence Serfaty, hépatologue au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Strasbourg. Et il n'existe toujours aucun traitement.

Un marché juteux

Mais les choses sont en passe de changer : une dizaine de molécules prometteuses sont aujourd'hui en essai clinique de phase 3, dernière étape avant une possible autorisation de mise sur le marché. Les laboratoires pharmaceutiques sont intéressés car "les traitements de la Nash représentent un marché juteux étant donné le nombre de personnes atteintes ", explique Marc Badou, hépatologue et ancien membre de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et de la Haute Autorité de santé (HAS).

Ces molécules ont la lourde tâche de s'attaquer aux deux conséquences d'un excès de graisse dans le foie : l'inflammation et la fibrose, c'est-à-dire un épaississement du tissu conjonctif fibreux. En moyenne, pour [...]

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