La vétusté du réseau SNCF a fait perdre 340 millions de minutes aux usagers en 2018

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En 2018, les trains ont eu 340 millions de minutes de retard, à cause du mauvais état du réseau (Crédits : AFP via Getty Images).

L’UFC-Que Choisir s’alarme du mauvais état du réseau ferroviaire français, responsable de 340 millions de minutes de retard en un an.

Le réseau ferré français est trop vieux et pas assez entretenu, selon l’UFC-Que Choisir. L’association de consommateurs dresse ce mardi un bilan aux chiffres vertigineux. D’après elle, les passagers ont perdu 340 millions de minutes en 2018 à cause des défaillances d’infrastructures et de ralentissements causés par l’état du rail français. Rapporté aux 5 millions d’usagers quotidiens, cela représente un peu plus d’une heure de retard par an (68 minutes).

Ce n’est qu’une part minoritaire des temps de retard, puisque 2 milliards de minutes de retard avaient été enregistrées par l’Autorité de la qualité de service dans les transports au cours de l'année 2017. 

Des retards qui pourraient être évités

La plupart des retards de trains en France sont dus à des "causes non maitrisables" (62%). Mais l’UFC pointe que 17 % des retards sont causés par des problèmes d’infrastructures ou par des ralentissements imposés par le vieillissement du réseau ou des travaux. La SNCF pourrait donc les éviter, en investissant pour rénover le rail. Or on a plutôt eu tendance à négliger cet entretien : l’association rappelle qu'au début des années 1980, 1 000 kilomètres de voies étaient renouvelés chaque année, contre moins de 500 kilomètres en 2005.

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Ce sous-investissement chronique rend le réseau français moins performant que ses homologues européens. Pour faire circuler un train en France, il faut 2,8 fois plus d’agents et 1,7 fois plus de capitaux que chez nos voisins, alors que l’offre de service n’est pas meilleure en termes de fréquence ou d’amplitude horaire.

1,2 milliard d'euros d'investissements supplémentaires

Les petites lignes, qui représentent un tiers du réseau, sont les plus négligées. Elles ont en moyenne 36 ans, contre une moyenne nationale de 29 ans, et subissent de nombreux retards. "Cela accélère la désaffection des usagers au profit de la voiture, et enclenche un cercle vicieux d’abandon du train", estime l’UFC-Que choisir. Pour enrayer cette dynamique, l’association estime qu'il faut 520 millions d’euros supplémentaires par an pour renouveler les grandes et moyennes lignes, et 711 millions en plus pour les petites lignes.

Outre la qualité du service pour les voyageurs, l’enjeu est aussi écologique : les transports pèsent pour un tiers des émissions de gaz à effet de serre en France, mais le ferroviaire en émet à peine 0,3%, contre 94% pour le transport routier.

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