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Tracteurs dans Barcelone, blocage de Malaga... Les agriculteurs manifestent toujours en Espagne

Des agriculteurs en tracteurs ont de nouveau bloqué des routes et des infrastructures ce mercredi 7 février en Espagne, pour protester contre la politique agricole européenne et la précarité du secteur, que le gouvernement s'est engagé à combattre.

Les manifestants, mobilisés via des groupes Whatsapp, se sont rassemblés sur des dizaines d'axes routiers pour le deuxième jour d'affilée, notamment en Castille-la-Manche (centre), Andalousie (sud), Navarre (nord) et Catalogne (nord-est), selon la Direction générale du trafic.

Concerts de klaxon

En Catalogne, des centaines de tracteurs ont convergé durant la matinée vers Barcelone, où un rassemblement est prévu mercredi après-midi devant le siège du gouvernement régional catalan, qui s'est engagé à recevoir une délégation de manifestants. Selon El Pais, ce ne sont pas moins de 1.250 tracteurs qui ont investi le centre-ville.

Ces rassemblements, ponctués de concerts de klaxon, ont entraîné d'importants embouteillages. Ils ont également provoqué des perturbations en France, au niveau de la frontière avec cette région espagnole, où des mesures de stationnement obligatoire des poids lourds ont été prises par les autorités mercredi matin.

À Malaga (Andalousie), où les accès au port ont été bloqués mardi, plusieurs dizaines de tracteurs ont de nouveau paralysé le trafic sur plusieurs axes routiers, d'après la mairie. L'accès au port de Castellon, dans la région de Valence (est), a lui aussi été entravé durant quelques heures.

Ailleurs dans le pays, plusieurs centres logistiques ont également été bloqués par les manifestants, suscitant des tensions ponctuelles avec les forces de l'ordre. A Grenade (sud), cinq agriculteurs ont ainsi été interpellés après des échauffourées, selon les médias locaux.

Dans un communiqué, la Confédération espagnole du transport de marchandise (CETM) a demandé aux autorités de "prendre des mesures pour éviter" que le secteur soit "otage des manifestations". "Nous comprenons" les agriculteurs, mais "les grandes victimes" du mouvement "sont finalement les entreprises", a-t-elle insisté.

"Main tendue"

Ces manifestants sont soutenus par les principaux syndicats agricoles (Asaja, Coag et UPA), qui ne sont pas à l'origine des rassemblements de mercredi mais qui ont prévu d'autres manifestations dans les prochains jours, notamment jeudi à Salamanque (nord-ouest) et vendredi à Bilbao (nord).

Ils dénoncent une politique européenne trop complexe, des normes trop contraignantes, des prix trop bas et la concurrence jugée déloyale des produits étrangers, à l'instar de leurs collègues européens, qui restent mobilisés dans plusieurs pays, notamment en Italie.

"Ce sont des problèmes que nous avons soulevés" depuis longtemps "sans obtenir de réponses adaptées", a souligné mercredi, sur la radio publique RNE, Marcos Alarcón, secrétaire général de l'UPA, qui a appelé à l'"unité" des agriculteurs face aux appels à manifester en ordre dispersé.

Interrogé mercredi matin au Parlement, le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez a assuré être "aux côtés des agriculteurs" et mis en avant les efforts réalisés ces dernières années pour soutenir le secteur, notamment face à la sécheresse à laquelle est confronté le pays.

Le chef du gouvernement s'est par ailleurs engagé à améliorer la loi de 2013 sur la chaîne alimentaire pour empêcher que les agriculteurs espagnols ne vendent leurs produits à perte, et à simplifier la mise en oeuvre de la politique agricole commune (PAC), jugée excessivement bureaucratique par les agriculteurs.

"Nous avons la main tendue pour poursuivre dans le dialogue la recherche de solutions", a assuré de son côté le ministre de l'Agriculture Luis Planas.

L'Espagne, souvent qualifiée de "potager de l'Europe", est le premier exportateur européen de fruits et légumes. De nombreuses exploitations y sont néanmoins en difficulté en raison notamment du manque de pluies qui sévit depuis trois ans dans le pays.

Article original publié sur BFMTV.com