Sur les trace d'Hassan Iquioussen, l'imam indésirable

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Né en France mais de nationalité marocaine, il vient de voir son arrêté d’expulsion suspendu. Portrait d’un personnage secrètement subversif.

La mosquée de Raismes n’a pas de minaret et jouxte une école privée musulmane. L’ensemble forme un discret bloc de béton dans un écrin de verdure, face à un joli hameau de pavillons en brique rouge. C’est dans cette commune de la région de Valenciennes que Hassan Iquioussen venait prier tous les vendredis. Depuis l’annonce de son expulsion, il s’est comme évaporé, laissant son téléphone à la maison. Il est près de 14 heures et un groupe d’hommes s’active devant une grille pour préparer la prière du vendredi.

Parmi eux, le jeune imam entouré de ses proches qui affiche un grand sourire est Othmane, l’un des fils Iquioussen. L’avocate de la famille, Me Lucie Simon, vient d’annoncer au clan que le tribunal administratif de Paris avait suspendu l’expulsion de son père. Motif: elle porterait une atteinte «disproportionnée» à sa «vie privée et familiale».

L’affaire n’est pas terminée. Les pouvoirs publics ont fait appel devant le Conseil d’État qui, pour ce type de décision, fait office de juridiction de dernier recours. Dans son annonce, le ministre de l’Intérieur invoque la lutte «contre ceux qui tiennent et diffusent des propos de nature antisémites et contraires à l’égalité entre les femmes et les hommes ».

Ignoré du grand public, Hassan Iquioussen était surtout connu par une partie de sa communauté… et par les services de la préfecture. En 2003, lors d’une conférence sur la Palestine, il se fait remarquer en décrivant la Shoah comme un projet commun entre Juifs et nazis… Il dépeint Mustafa Kemal, père de la Turquie moderne, comme « un juif converti hypocritement à l’islam ». Le ministre de l’Intérieur Dominique de Villepin, qui condamne les propos, transmet le dossier au ministre aret et jouxte une école privée(...)


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