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Tournée en Afrique de Macron : « un mélange de Tintin au Congo et d’OSS 117 », dénonce Taché

Le député écologiste Aurélien Taché a critiqué la tournée en Afrique d’Emmanuel Macron lors des questions au gouvernement à l’Assemblée.

POLITIQUE - Lors des questions au gouvernement de ce mardi 7 mars, le député écologiste Aurélien Taché a épinglé la tournée africaine d’Emmanuel Macron du 1er au 5 mars, et comprenant pas moins de quatre pays, en dénonçant un « double standard en matière de droits humains et de démocratie en Afrique ». La ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna a répondu en revendiquant la création de « partenariats équilibrés (...) sans arrogance, mais sans complexe », comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article.

Débutant par le Gabon, pour participer au One Forest Summit, un forum sur la préservation des forêts tropicales, le chef de l’État a rencontré Ali Bongo, dont les deux élections présidentielles sont contestées. Une entrevue qu’a dénoncée Aurélien Taché en introduction de sa prise de parole : « Au Gabon, sous prétexte d’un sommet sur la forêt boycotté par la société civile et les ONG, le président n’a fait que renforcer Ali Bongo, cœur battant de la Françafrique, à la veille d’une élection présidentielle.»

Une conférence de presse tendue

« Au Congo-Brazzaville, il s’affiche tout sourire avec Denis Sassou Nguesso, président militaire et responsable d’une guerre civile ayant entraîné le massacre de milliers d’opposants, » a-t-il poursuivi. Denis Sassou Nguesso dirige le pays depuis près de 40 ans et des organisations congolaises de défenses des droits humains avaient notamment demandé à Emmanuel Macron de relayer leurs préoccupations. Si la teneur des échanges entre les deux hommes d’État n’ont pas filtré, le président français avait déclaré l’avoir rencontré « parce qu’il ne faut humilier personne. »

Aurélien Taché a aussi cité le passage du président de la République en Angola, où il n’a pas mentionné le projet EACOP controversé de TotalEnergies. La dernière étape du voyage du chef de l’Élysée en RDC a été marquée par un point presse avec le président Félix Tshisekedi. Ce dernier dénonce une agression du Rwanda dans l’est du pays, qu’Emmanuel Macron n’a pas condamnée clairement, préférant appeler chacun « à prendre ses responsabilités, y compris le Rwanda ».

La conférence était par moment tendue et Félix Tshisekedi a notamment été applaudi par la presse locale après un tacle contre son homologue : « Regardez-nous autrement, en nous respectant, en nous considérant comme de vrais partenaires et non pas toujours avec un regard paternaliste, avec l’idée toujours de savoir ce qu’il faut pour nous » a-t-il lancé.

Sur les réseaux sociaux, des images d’Emmanuel Macron dans une soirée à Kinshasa aux côtés du chanteur congolais Fally Ipupa ont également fait réagir. On y voit le président une bière à la main et saluant la foule. « Si certains se demandent ce que fait Emmanuel Macron pendant que le pays se lève contre sa retraite à 64 ans » a tweeté le député LFI François Ruffin en relayant des vidéos de la soirée.

« Approfondir le dialogue »

« Cette tournée d’Emmanuel Macron, c’est un peu un mélange de Tintin au Congo et d’OSS 117 en Afrique » a finalement asséné le député du Val-d’Oise qui considère que c’est « avec les diasporas, la société civile et surtout la jeunesse que de nouvelles coopérations doivent se construire ». Il a conclu en adressant sa question à la ministre des Affaires étrangères : « Qu’avez-vous pensé de cette tournée du professeur Macron en Afrique ? »

Catherine Colonna s’est alors attelée à défendre les choix du président en rappelant que l’Afrique est un continent « qui présente d’immenses potentialités ». « Nous voulons y créer des partenariats équilibrés, dans le respect réciproque et sans arrogance, mais sans complexe » a fait valoir la ministre.

Cet équilibre, le gouvernement affirme le mettre en œuvre en n’imposant : ni « de solution, ni notre vision du monde. » La présence économique de la France en Afrique doit être d’après elle encouragée dans « un esprit gagnant-gagnant », tout en misant sur des partenariats futurs permettant : « la préservation des forêts, la lutte contre le changement climatique, la lutte contre les pandémies, la défense du multilatéralisme. » En bref, l’exécutif ne souhaite pas « être dans la prise de distance, mais au contraire dans l’approfondissement du dialogue. »

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