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Tour de France 2024: à Bologne, La Madonna di San Luca, futur paradis pour puncheurs

Au kilomètre 169 de la deuxième étape du Tour 2024, les coureurs les plus lents du peloton auront presque le temps de compter une à une les 666 arches de la rougeoyante arcade monumentale menant tout en haut de la colline à la Basilique de San Luca. Et si le compte n’est pas bon, une seconde occasion leur sera gracieusement accordée 18 kilomètres plus tard. Au sommet, une vue imprenable sur Bologne s’offrira à eux même si le sanctuaire catholique dédié au culte de la Vierge Marie se transformera alors l’espace d’un dimanche en enfer. Quant aux puncheurs, ils auront sans doute une idée plus claire de ce à quoi doit ressembler le paradis.

L’endroit n’est pas totalement inconnu des pelotons. Fréquemment emprunté par les Giro d’Emilia, il avait surtout permis à Primoz Roglic d’éparpiller la concurrence lors d’un prologue de huit kilomètres en ouverture du Tour 2019. "Ça fait toujours son effet, confirme légèrement essoufflé par la montée à pied, Thierry Gouvenou, le traceur du Tour de France. On est dans un lieu très photogénique et très difficile, on voulait vraiment mettre en valeur cette difficulté. C’est aussi pour cela qu’on y passera deux fois."

"Pogacar va se régaler"

La montée de San Luca, ce sont deux kilomètres à 10.6% de pente moyenne et même des passages en son cœur à près de 20% lors d’un virage en "S" très serré où les dégâts sont assurés. "Ce sera très sélectif prévient Thierry Gouvenou. C’est très irrégulier, digne des côtes l’an passé au Pays basque ou du Mur de Huy en Belgique. Le genre de côtes très raides qu’on aime mettre au programme parce que ça crée forcément des cassures dans le peloton. C’est là qu’émergent les meilleurs coureurs."

Dans le viseur du bras droit de Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France, les puncheurs tels que Mathieu Van Der Poel, Wout Van Aert ou encore Tadej Pogacar. "Pogacar va se régaler, sourit plein de malice Thierry Gouvenou. Vingegaard peut-être un peu moins. Mais dans tous les cas, ce seront ces coureurs-là qui seront présents. Et il faudra faire attention à être très bien placé dès le pied car c’est très étroit et très raide d’emblée."

Six minutes d’un effort très intense

Si le premier passage de la côte de San Luca devrait surtout éliminer au train les coureurs les plus faibles dans l’exercice de la grimpette, le deuxième promet quant à lui un feu d’artifice de tous les instants. D’abord parce que des bonifications de huit, cinq et deux secondes y seront distribuées aux trois premiers coureurs, ensuite parce qu’au sommet, à 12 kilomètres de l’arrivée, si les attaques sont assez tranchantes, "elles pourraient créer des écarts définitifs selon Thierry Gouvenou. Et une fois en haut, il y a une descente d’un kilomètre puis une nouvelle côte de 500 mètres assez raide avant une descente technique sur Bologne."

Le tout pour un effort très intense d’environ six minutes pour les meilleurs coureurs à accomplir à deux reprises et qui viendra donc pimenter le final d’une étape par ailleurs sans grande difficulté entre Cesenatico, ville natale de Marco Pantani et Bologne. Une conclusion qui fait dire à Thierry Gouvenou que cette deuxième étape "sera plus propice à la bataille pour le général que celle de la veille qui ne présente pas un final suffisamment dur pour faire de grandes différences", en dépit de ses 3.600 mètres de dénivelé positif. Il faudra être devant sa télé le dimanche 30 juin pour ne surtout pas louper la bataille des chefs.

Article original publié sur RMC Sport