Thomas Pesquet : réapprendre la vie sur Terre

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Tenir debout et réapprendre à marcher. C’est la première mission que devront accomplir Thomas Pesquet et ses coéquipiers après six mois passés dans un environnement d’apesanteur. C’est d’ailleurs un brancard qui les attendait à la sortie de la capsule Dragon, qui a amerri dans le golfe du Mexique quelques heures après avoir quitté la Station spatiale internationale.

Pourquoi cette précaution ? Parce qu’après un temps aussi long, la réadaptation à la gravité terrestre est difficile : le sens de l’équilibre des astronautes est sérieusement émoussé, même si on ne peut pas à proprement parler de mal de Terre, expliquait en 2017 à Destination Santé le Pr Stéphane Besnard, médecin ORL au CHU de Caen et spécialiste des conflits neuro-sensoriels survenant dans les milieux extrêmes : « le mal de Terre ne peut pas être isolé des nombreux symptômes au retour qui comprennent bien d’autres paramètres ».

Les changements environnementaux dans l’espace sont en effet nombreux et modifient le fonctionnement des êtres vivants. D’où les tests médicaux réalisés avant, pendant et après un séjour en orbite. Plus celui-ci a été long, plus la réadaptation prend du temps. Et c’est tout à fait normal, rappelle dans The Conversation Guillemette Gauquelin-Koch, responsable des Sciences de la vie au Centre national d’études spatiales (CNES) : « nous passons notre vie à lutter contre la pesanteur ».

Cœur, os, muscles…

Tous les « effets secondaires » d’un séjour dans l’espace ne disparaissent pas en même temps. Désadapté à la gravité, le système cardiovasculaire subit au retour sur Terre un syndrome de déconditionnement « provoqué par l’inactivité physique et les transferts de liquides induits par la microgravité », précise Guillemette Gauquelin-Koch. Mais il revient très vite à la normale. En revanche, « un délai de six mois à un an est nécessaire pour que les systèmes osseux et musculaires retrouvent leurs caractéristiques initiales », explique l’Agence spatiale européenne (ESA) sur son site grand public.

Les os porteurs sont en effet faiblement utilisés pendant les séjours en orbite ; ils peuvent perdre jusqu’à 1% de leur masse par mois et exposer les astronautes à des risques de fractures à leur retour sur Terre. Et la présence d’appareils de musculation à l’intérieur de la Station spatiale internationale ne pallie pas elle seule la fonte musculaire. « Tenir ce téléphone, c’est la chose la plus difficile que j’ai faite depuis 6 mois », avait confié Thomas Pesquet au président de la République, au retour de sa précédente mission dans l’espace.

Au Centre des astronautes européens de Cologne (Allemagne) où il passera ces trois prochaines semaines, l’astronaute français va donc se réhabituer petit à petit à la gravité terrestre et sera soumis aux mêmes tests qu’avant et pendant sa mission pour compléter les données déjà acquises sur les effets de la microgravité sur le corps humain. Des données utiles dans la perspective de séjours spatiaux encore plus longs, sur Mars ou sur la Lune, mais aussi pour la recherche médicale sur Terre.

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