Theresa May s'attend à de difficiles négociations sur le Brexit

par William James et Alastair Macdonald
La Première ministre britannique, Theresa May, a dit dimanche s'attendre à des négociations difficiles avec l'Union européenne pour préparer la sortie de son pays du bloc communautaire. /Photo prise le 30 avril 2017/REUTERS/Peter Nicholls

par William James et Alastair Macdonald

LONDRES (Reuters) - La Première ministre britannique, Theresa May, a dit dimanche s'attendre à des négociations difficiles avec l'Union européenne pour préparer la sortie de son pays du bloc communautaire.

Réunis samedi à Bruxelles, les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept ont adopté de stricts principes pour encadrer la négociation sur le Brexit dans les deux ans qui viennent.

Affichant leur fermeté, ils ont fait comprendre aux Britanniques qu'ils ne doivent pas se faire "d'illusions" sur l'obtention rapide d'un accès au marché unique.

Interrogée dimanche sur l'antenne de la BBC, Theresa May n'a pas caché que la négociation sur les termes du divorce entre Londres et l'UE serait difficile.

"Ce que cela montre", a-t-elle dit à propos du texte adopté à Bruxelles, "et ce que montrent aussi d'autres commentaires émanant de dirigeants européens, c'est qu'il y aura des moments où ces négociations seront dures".

La chef du gouvernement britannique a réitéré toutefois qu'elle n'hésiterait pas à interrompre le processus si les propositions de Bruxelles ne convenaient pas.

Les Européens s'inquiètent du degré réel de préparation du gouvernement britannique pour mener des négociations extrêmement compliquées ainsi que de sa capacité à comprendre le niveau de compromis qu'il devra accepter s'il souhaite conclure un accord.

Les entretiens qu'ont eus le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le chef des négociateurs Michel Barnier mercredi avec Theresa May n'ont pas apaisé les craintes, précisent des responsables européens.

"J'ai quitté le 10 Downing Street plus sceptique que je ne l'ai jamais été", a commenté Juncker cité par un journal de Francfort dans son édition de dimanche.

Son inquiétude était telle, face à ce qu'il considère comme une "sous-estimation des difficultés techniques" par les Britanniques, que Juncker s'en est ouvert à Angela Merkel lors d'un entretien téléphonique jeudi matin.

DEGRÉ DE PRÉPARATION

La chancelière allemande a répété samedi que les Britanniques ne devaient pas se faire "d'illusions" concernant ces discussions. Theresa May a, elle, réaffirmé qu'elle quitterait la table sans accord si cela était dans les intérêts de son pays.

"Je n'aurais pas dit une telle chose si je ne la pensais pas", a déclaré la chef du gouvernement britannique dans un entretien télévisé à la chaîne ITV. "Ce dont je suis convaincue est qu'avec une position ferme dans les négociations nous pouvons obtenir un bon accord pour le Royaume-Uni".

"La Commission et Barnier ont vraiment bien travaillé leur sujet", a commenté le chancelier autrichien Christian Kern. "On ne peut pas dire que les Britanniques y aient mis la même implication", a-t-il ajouté.

Nombre d'Européens s'interrogent sur la préparation de la Grande-Bretagne à affronter les aléas légaux qui résulteraient d'une absence d'accord au terme des négociations le 30 mars 2019.

Le président du Conseil européen Donald Tusk a déclaré à plusieurs reprises qu'un tel scénario serait dommageable pour l'UE mais qu'il serait encore plus coûteux pour les Britanniques.

Lors de leur sommet samedi à Bruxelles, les Européens ont indiqué qu'ils seraient prêts à l'éventualité d'un échec des négociations.

Le Premier ministre belge a mis en garde les Vingt-Sept contre le "piège" tendu par Londres qui va chercher une division entre les partenaires européens tandis que certains ont expliqué à Theresa May qu'il était dans son intérêt que les Européens restent unis.

Le Premier ministre irlandais Enda Kenny a reconnu qu'une fois que les discussions seront engagées, la complexité des questions abordées risque d'inciter certains pays à mettre l'accent sur certaines priorités et que l'atmosphère pourrait ne pas être aussi calme et mesurée qu'elle l'était à Bruxelles.

(William James, Gilles Trequesser et Pierre Sérisier pour le service français)

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