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En Thaïlande, une armée pleine aux as

L’armée de l’air a fini par céder. Elle a accepté de se séparer du parcours de golf de Kantarat pour permettre l’extension de Don Muang, l’aéroport historique de Bangkok, a confirmé le 4 mars un porte-parole du ministère de la Défense cité par The Nation. Voilà plus de quatre ans que les autorités aéroportuaires tentaient de récupérer les 57 hectares de ce dix-huit trous niché entre les deux pistes de l’aéroport et que l’armée de l’air possède depuis soixante-huit ans, précise Thai PBS World.

Ce transfert sera-t-il le premier d’une longue série ? C’est ce qu’espère le gouvernement de Strettha Thavisin, “qui a clairement dit que les trois branches de l’armée devraient renoncer à leurs activités commerciales non militaires”, ajoute Thai PBS World. Parmi elles, la gestion d’un vaste parc immobilier et hôtelier, de parcours de golf ou même de centrales électriques.

Un véritable empire, note le Bangkok Post dans un éditorial consacré à la question le 6 mars. Le journal a ainsi recensé 37 parcours de golf, six hôtels, un stade de boxe et un hippodrome. “En plus de cela, l’armée dispose de près de 4,5 millions de rai [7 200 km²] de terres, même si 460 000 rai [730 km²] appartiennent légalement aux forces armées, le reste étant propriété de l’État, qui les a prêtées dans l’intérêt de la sécurité nationale.” L’armée contrôle également les fréquences de deux chaînes de télévision et de 245 radios.

La grande muette

Ses parcours de golf et hôtels lui ont procuré en 2020 un revenu net de 74 millions de bahts, soit 2 millions d’euros. “Un revenu insignifiant par rapport à ceux que les chaînes de télévision lui rapportent en utilisant son système MUX pour diffuser leurs programmes”, souligne le Bangkok Post.

Mais, au bout du compte, déplore le journal, “les richesses que l’armée tire de l’ensemble de ses activités restent un mystère”. Il n’existe existe aucun état financier susceptible d’être consulté. Et toutes les tentatives d’enquêteurs privés au nom de la loi sur l’information “se sont heurtées à silence pesant”. Est-ce parce que la plupart finissent dans les poches de certains au lieu d’être affectées aux services sociaux de l’armée comme cela est officiellement le but ?

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