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Théo Luhaka « content » après la condamnation du policier qui l’a « handicapé à vie »

Théo Luhaka, ici arrivant au premier jour du procès de trois policiers de Seine-Saint-Denis devant la cour d’assises de Bobigny, le 9 janvier 2024.
THOMAS SAMSON / AFP Théo Luhaka, ici arrivant au premier jour du procès de trois policiers de Seine-Saint-Denis devant la cour d’assises de Bobigny, le 9 janvier 2024.

JUSTICE - Deux jours après la condamnation de trois policiers pour son interpellation violente en 2017 en Seine-Saint-Denis, Théo Luhaka s’est exprimé à la télévision. Ce dimanche 21 janvier sur BFMTV, le jeune homme de 29 ans a salué le verdict.

« Je suis content d’avoir remis la vérité en place. J’ai jamais menti dans cette histoire, je suis très content que ça ait été entendu et qu’ils aient été punis », déclare Théo à la chaîne d’information en continu, pour sa première réaction à l’épilogue du procès.

« Ma frustration à moi c’était plus qu’ils soient reconnus coupables des faits qu’ils ont commis. Après, tout ce qui est les peines judiciaires, ce n’est pas mon rayon. Si des juges et des jurés ont estimé que c’est ça qu’ils méritaient, c’est leur travail en fait de juger », estime-t-il aux côtés de son avocat Antoine Vey.

« Je ne pensais même pas qu’ils seraient condamnés. Donc juste qu’ils soient condamnés, c’est une bonne chose », dit-il encore, avant de s’épancher sur sa vie aujourd’hui. « Depuis le 2 février 2017, je suis handicapé à vie. Psychologiquement, ça détruit. (...) On ne peut plus rien faire spontanément et à partir de là, tu n’as plus de vie », confie le jeune homme.

« Je me considère comme mort », lâche-t-il. « Quoi qu’il se passe aujourd’hui, demain ou dans 50 ans, le Théo Luhaka d’avant le 2 février 2017 n’existe plus. »

« Je ne peux plus jouer au foot, mon sourire ne sera plus jamais entier », ajoute-t-il.

12 mois de prison avec sursis, la plus grosse peine

Après deux semaines d’audience, la cour d’assises de Seine-Saint-Denis a condamné vendredi soir trois fonctionnaires de police à des peines allant de 3 à 12 mois avec sursis pour cette arrestation survenue le 2 février 2017 à la cité des 3 000 d’Aulnay-sous-Bois, une affaire érigée en symbole des violences policières.

Parmi plusieurs gestes violents considérés comme non justifiés par la justice figure un coup de matraque reçu par le jeune homme à proximité de l’anus. Celui-ci lui a provoqué la rupture de son sphincter (muscle de l’anus) avec une plaie de dix centimètres de profondeur. Malgré deux opérations chirurgicales, il souffre à présent d’incontinence.

La cour d’assises a estimé dans sa décision, consultée par l’AFP, que la victime ne souffrait pas d’« infirmité permanente » car ses « lésions organiques » n’entraînaient pas pour lui la « privation irrémédiable » de l’usage de son organe. Elle a donc condamné l’auteur du coup de matraque, Marc-Antoine Castelain, du chef moindre de violences ayant entraîné une ITT de 60 jours, soit un délit et non un crime.

Les différentes parties ont salué à la sortie du procès un verdict nuancé. L’avocat de Théo Luhaka l’a qualifié de « décision d’apaisement » tandis que celui du policier Marc-Antoine Castelain a exprimé son « immense soulagement ».

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