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Dans les tensions entre l’Éthiopie et la Somalie, la Chine affiche une prudente neutralité

Il est “peu probable” que la Chine prenne parti dans la tempête diplomatique qui se prépare entre l’Éthiopie et la Somalie à propos d’un accord controversé sur un port de la mer Rouge, affirme le South China Morning Post (SCMP), qui cite des connaisseurs du dossier.

Au début de janvier, l’Éthiopie avait en effet ranimé la tension latente entre les deux pays en concluant un accord de location d’un port sur la Mer rouge sur le territoire du Somaliland, en échange de sa reconnaissance officielle de ce pays, dont l’indépendance vis-à-vis de la Somalie a été autoproclamée en 1991. Or Mogadiscio considère la région comme faisant partie du nord de la Somalie. En outre, le Somaliland, rappelle le titre hongkongais, n’a été reconnu par aucun autre pays.

Alors que ces crispations ont gagné toute la Corne de l’Afrique, la Chine entend conserver une neutralité, ménageant tout à la fois la Somalie et l’Éthiopie. Selon le chercheur somalien à l’Institut du Moyen-Orient (MEI), Guled Ahmed, la Chine ne devrait pas prendre parti pour l’un des deux pays africains.

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Des intérêts industriels et de sécurité

Certes, poursuit le SCMP, Pékin a très vite réaffirmé, par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, son soutien à la Somalie “dans la sauvegarde de [son] unité nationale, de [sa] souveraineté et de [son] intégrité territoriale”. Il faut dire que la Chine entretient des liens étroits avec Mogadiscio, qui vont d’intérêts dans l’industrie de la pêche à la lutte contre la piraterie, avec deux frégates chinoises patrouillant en permanence dans les eaux somaliennes.

En ce qui concerne Addis-Abeba, poursuit le titre, les analystes interrogés estiment tout autant que, compte tenu de ses liens étroits avec l’Éthiopie, Pékin ne se risquera sans doute pas à la critiquer ouvertement. En effet, dans le cadre de son initiative dite des “nouvelles routes de la soie” (“Belt and Road Initiative”, en anglais), la Chine a financé de nombreuses infrastructures en Éthiopie, parmi lesquelles des lignes ferroviaires centrales. Comme le résume le SCMP :

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