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Tennis: "Il y a des promoteurs qui ne font pas du bien au tennis", dénonce le patron de l'Open 13

Cette année, le plateau de l’Open 13 est un peu moins fourni que d’habitude. Malgré un chéquier toujours bien rempli, Jean-François Caujolle, le directeur du tournoi, n’a attiré qu’un seul Top 10: le Polonais Hubert Hurkacz. Il y aurait dû en avoir un deuxième mais le scénario de l’Open d’Australie l’a desservi. Dans le podcast Court n°1, il a détaillé les coulisses d’un forfait inévitable.

Jannik Sinner était sous contrat avec l’Open 13 mais son triomphe à Melbourne a anéanti les plans initiaux du patron marseillais. Quand on est à la tête d’un ATP 250, il faut s’attendre à des coups de téléphone "désagréables".

"Quand Jannik Sinner a battu Djokovic en demi-finale, je me suis inquiété, a raconté Jean-François Caujolle. Alors quand il gagne le dimanche… Je connais les obligations médiatiques. Quand j’ai vu que Lawrence Francopan, son agent, m’a appelé, je lui ai dit: 'Tu es un homme heureux mais l’annonceur de mauvaises nouvelles'. J’avais misé sur Sinner alors que Zverev et Rune pouvaient venir mais je n’ai pas les finances. On avait vendu beaucoup de billets pour les Italiens. Berrettini devait venir. Il y avait les Carotta Boy’s (ndlr, fans de Sinner). Maintenant, Jannik a encore deux ans de contrat. C’est un joueur sur lequel j’ai misé lorsqu’il avait 16 ans et demi. J’ai essayé d’avoir Medvedev mais il était carbonisé."

La crainte d'une Super Ligue qui "tuerait le tennis de proximité"

Mais ce qui agace aussi Jean-François Caujolle, c’est la concurrence des exhibitions. "Cette semaine, j’ai à souffrir d’une exhibition UTS à Oslo par un promoteur extérieur (ndlr, Patrick Mouratoglou) qui ne fait pas du bien au tennis, je pense. Dans ce tournoi, il y a Holger Rune, Andrey Rublev, Alex de Minaur. L’Australien voulait jouer à Marseille et il a préféré Oslo. Rune, ça a failli le faire, il avait le contrat. L’ATP est en train de prendre des dispositions pour protéger les ATP 250. Dans la loi anti-trust américaine, il y a des protections pour les Masters 1000 et les 500. Il y aura des semaines ouvertes et des semaines non ouvertes et les joueurs devront suivre cela."

On notera que ces exhibitions se sont engouffrées dans la brèche Laver Cup. Cette épreuve, montée par l’agent de Roger Federer Tony Godsick et Tennis Australia, a le soutien de l’ATP alors qu’elle se trouve en plein saison, fin septembre.

"On n’est pas une mégapole mais on a eu tous les numéros 1 mondiaux de ces trente dernières années, conclut Jean-François Caujolle. On a la chance de toucher des sportifs de haut niveau. Là, où je suis très gêné, c’est à propos des rumeurs de Super Ligue. Un circuit où les meilleurs se rencontrent toutes les semaines, un peu comme la Formule 1. D’une part, le tennis n’est pas adapté à cela. Et, d’autre part, on enlèverait la force du circuit. Ce qui m'étonne, c’est que ces décisions pourraient venir des fédérations qui possèdent les quatre Grands Chelems. Cela tuerait le tennis de proximité et ça dévaloriserait le Grand Chelem. Si Larry Ellison - le patron d’Indian Wells - ou l’Arabie saoudite, ont envie de mettre 15 millions au vainqueur, ils le peuvent. Ceux qui peuvent protéger le système, ce sont les joueurs."

Article original publié sur RMC Sport