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Tariq Ramadan pourrait finalement être jugé pour une seule accusation de viol

Tariq Ramadan, ici quittant le palais de justice de Genève, en Suisse, le 24 mai 2023.
FABRICE COFFRINI / AFP Tariq Ramadan, ici quittant le palais de justice de Genève, en Suisse, le 24 mai 2023.

JUSTICE - Vers un large affaissement du dossier Tariq Ramadan ? Le parquet général a demandé ce jeudi 7 mars à la cour d’appel de Paris d’abandonner les accusations de viol provenant de trois des quatre accusatrices de l’islamologue suisse.

Selon ses réquisitions, le ministère public demande à la cour d’appel de Paris, qui étudiera le dossier le 29 mars, un procès devant la cour criminelle départementale pour un viol aggravé qui se serait produit à Lyon en octobre 2009 sur une femme surnommée « Christelle ».

Les faits dont le parquet demande l’abandon courent jusqu’en 2016 et concernent d’autres femmes dénonçant parfois plusieurs viols : Henda Ayari, une ex-salafiste devenue militante laïque qui avait déclenché l’affaire en portant plainte en octobre 2017 pour un viol qui aurait eu lieu en 2012 à Paris ; Mounia Rabbouj, une ex-escort girl qui avait accusé Tariq Ramadan de neuf viols entre 2013 et 2014 ; une troisième femme, identifiée par la police sur des photos et des messages retrouvés dans son ordinateur, pour des faits remontant à 2016.

En juillet, deux juges d’instruction parisiennes avaient ordonné ce procès pour Tariq Ramadan - ce dont il avait fait immédiatement appel - et abandonné toute charge concernant deux autres femmes.

Un dossier emblématique de l’ère #MeToo

Dans ce dossier emblématique de l’ère #MeToo, les plaignantes ont décrit des relations sexuelles particulièrement brutales : selon l’ordonnance, certaines ont relaté « la main qui tient et force la tête, le bras qui empêche de bouger ou de se retourner, le poids du corps, le regard de fou, les paroles de domination et de soumission, les ordres, les gestes, cette attitude pour imposer les pénétrations ».

Tariq Ramadan, 60 ans, a pour sa part d’abord nié avoir eu des relations sexuelles extraconjugales avant d’être contraint de reconnaître, face aux preuves accumulées par la justice, des « relations de domination », rudes mais « consenties ».

Les charges contre l’islamologue Ramadan reposaient notamment sur l’« emprise » qui aurait été exercée sur ces femmes qui l’admiraient.

Mais dans ses réquisitions signées ce jeudi, l’avocat général conteste la réalité d’une telle emprise concernant « Christelle », Henda Ayari, Mounia Rabbouj et la troisième femme.

Pour « Christelle », toutefois, le parquet estime que les éléments sont réunis pour caractériser un viol avec violence sur personne vulnérable.

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