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« En tant que mère célibataire, avoir une vie amoureuse a été compliqué » - Témoignage

« Tout se passait bien jusqu’au moment où je parlais de ma fille. Et là, je me faisais ghoster »
Halfpoint Images / Getty Images « Tout se passait bien jusqu’au moment où je parlais de ma fille. Et là, je me faisais ghoster »

TÉMOIGNAGE - Ma fille est née quand j’avais 23 ans. Son père et moi étions jeunes, et l’arrivée d’un enfant a été une étape compliquée à gérer pour notre couple. Nous nous sommes séparés un an plus tard, et à 24 ans, je suis donc devenue mère célibataire.

Après le stress de la séparation, voici comment je gère mon budget de mère célibataire

Après une période d’introspection dont j’avais grandement besoin, j’ai décidé de m’ouvrir à nouveau aux rencontres amoureuses. J’étais loin d’imaginer à quel point le marché du « dating » pouvait être difficile à naviguer pour les parents solos, et notamment pour les mères !

Parce que je n’étais pas dans la norme, on me rejetait

Pour me remettre dans le bain, je me suis inscrite sur des sites et applis de rencontre. C’est là que j’ai découvert le ghosting : lors de mes premières conversations, tout se passait bien jusqu’au moment où je parlais de ma fille. Et là, plus de son, plus d’image, mon interlocuteur arrêtait tout simplement de répondre. Je suppose que les jeunes hommes de mon âge étaient terriblement effrayés à l’idée de s’engager avec une mère d’enfant en bas âge.

Moi, je ne me définissais pas par mon rôle de mère et j’estimais que l’autre personne était censée s’intéresser à moi en tant que personne, je ne voyais donc pas d’obligation de parler de ma fille dès la première phrase. Mais à force, je ne savais plus comment me présenter, comment en parler sans avoir la boule au ventre. Ce comportement me renvoyait une image très désagréable de moi, comme si je devais avoir honte d’être mère et célibataire. Parce que ma situation familiale n’était pas dans la norme, on me rejetait. D’ailleurs, ça ne concerne pas que moi : une étude indique que 55 % des parents célibataires se sont déjà fait ghoster en parlant de leurs enfants.

En décalage avec les gens de mon âge

J’ai fini par en avoir assez de perdre mon temps et par mettre une photo de moi avec ma fille – de dos – sur mon profil pour que les choses soient claires dès le départ, sans avoir à le verbaliser. Cela a permis de faire un certain tri, mais il n’empêche que pendant plusieurs années, les gens de mon âge m’ont un peu déçue.

Dans ma vie amicale aussi, je me sentais assez isolée par ma situation hors-norme. Durant ma vingtaine, pendant que mes amis faisaient tous la fête, j’étais indisponible la majeure partie du temps, chez moi avec ma fille. Ils n’avaient pas forcément envie de se prendre la tête avec mes problématiques de maman, alors quand je déclinais les invitations une fois, puis deux, on finissait par ne plus m’inviter.

L’impression de ne pas avoir le droit à l’erreur

C’est l’âge qui a largement facilité les choses. Quand j’ai commencé à basculer vers la fin de la vingtaine, le fait que je sois maman a commencé à être moins effrayant pour les gens de mon âge et le ghosting s’est un peu calmé.

Cela n’a pas rendu les rencontres plus faciles pour autant : les hommes que je fréquentais n’étaient pas parents, et cela pouvait créer un décalage entre nos modes de vie. Moi, j’étais souvent bloquée chez moi, eux sortaient tout le temps et cela créait beaucoup de frustrations de mon côté.

Je me mettais aussi beaucoup de pression. Avec un enfant en jeu, on peut se dire « si je rencontre quelqu’un et que je le présente à mon enfant, je n’ai pas le droit à l’erreur ». Il m’est arrivé de beaucoup culpabiliser quand, au tout début d’une relation qui n’a pas marché, j’ai fait l’erreur de présenter mon partenaire trop tôt à ma fille. Je me disais « quelle mère indigne, quel exemple je lui donne ! ».

La culpabilité, toujours présente en fond

La culpabilité, c’est une notion qui revient beaucoup pour les parents solos. On se dit qu’on doit être un parent exemplaire, qu’il faut qu’on se « rattrape » de la situation. Et même si on essaie de penser à soi, ce sentiment peut vite nous rattraper.

Quand on est parent célibataire et qu’on n’a pas un budget baby-sitter illimité, par exemple, le moindre rendez-vous peut devenir un investissement. En temps, en argent… Alors, si dès le premier quart d’heure, on se rend compte que ça ne va pas marcher avec l’autre personne, on peut passer sa soirée à s’inquiéter de l’argent investi, du fait qu’on a perdu du temps avec notre enfant pour ça. Et même en se répétant qu’il faut aussi prendre du temps pour soi, il n’est pas simple de lâcher prise !

Après huit ans, j’ai rencontré mon mari

Entre le ghosting, le sentiment d’être en décalage avec les autres et la culpabilité, j’ai alterné les phases de ras-le-bol et les phases où j’avais envie d’y croire pendant huit ans, en me disant que je finirais bien par trouver la perle rare. Et tout n’a pas été si sombre : j’ai fini par rencontrer celui qui est devenu mon mari ! Il était lui aussi père célibataire, et nos sensibilités et nos priorités se sont alignées beaucoup plus simplement.

Je me suis sentie comprise et soutenue face aux problématiques parentales. C’était une grande première pour moi, et j’ai adoré ! Ensemble, nous avons créé une famille recomposée et nous nous sentons bien. Alors, j’aimerais envoyer un message aux parents célibataires qui rencontrent les mêmes écueils : pas d’inquiétudes, l’espoir existe !

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