Syrie: L'Onu en quête de consensus pour poursuivre les livraisons d'aide

NATIONS UNIES (Reuters) - Une opération humanitaire transfrontalière menée depuis six ans par les Nations unies pour venir en aide à des millions de civils en Syrie prendra fin vendredi soir si l'impasse se poursuit au Conseil de sécurité autour d'une nouvelle résolution sur la question.

Depuis 2014, les Nations unies et des ONG livrent de l'aide humanitaire en Syrie via des points de passage aux frontières turque, irakienne et jordanienne autorisés annuellement par le Conseil de sécurité.

Mais les membres du Conseil ont échoué le mois dernier à prolonger ces autorisations après que la Russie a opposé son veto à un projet de résolution visant à permettre la poursuite pour un an des livraisons depuis la Turquie et l'Irak.

La Russie avait proposé son propre projet de résolution, qui n'avait pas recueilli suffisamment de voix pour être adopté.

Des diplomates ont déclaré que les 15 membres du Conseil allaient à nouveau se prononcer vendredi sur les deux projets de résolution distincts.

"Pour présenter les choses de manière simple, il n'y a aucune alternative pour parvenir à la population que nous avons besoin de rejoindre dans le nord-ouest et le nord-est (de la Syrie)" sans cette opération transfrontalière, a déclaré jeudi aux journalistes le porte-parole de l'Onu, Stephane Dujarric.

Selon l'Onu, plus de 3 millions de civils syriens sont totalement dépendants de cette aide humanitaire.

Dans une volonté de compromis destinée à obtenir le soutien de la Russie, les puissances occidentales ont proposé d'autoriser trois points de passage - deux en Turquie et un en Irak - pour une durée de six mois, au lieu d'un an.

La Russie ne souhaite autoriser que deux points de passage en Turquie, pour six mois, comme elle l'a proposé le mois dernier devant le Conseil et le fera à nouveau vendredi, ont indiqué des diplomates.

Les représentants russes ont par ailleurs rejeté une proposition visant à prolonger les autorisations actuelles de deux semaines le temps de poursuivre les négociations entre les 15 membres, a-t-on appris auprès de diplomates.

(Michelle Nichols; version française Jean Terzian)