Syrie: La France "attentive" à des indices sur des attaques chimiques

PARIS (Reuters) - La France, qui a fixé pour "ligne rouge" l'utilisation d'armes chimiques en Syrie, a annoncé jeudi qu'elle prêtait "la plus grande attention" à des "indices concordants" de la commission d'enquête de l'Onu sur des attaques chimiques, autres que celle de Khan Cheikhoun, survenues dans le pays en 2017. Dans un rapport publié mercredi, la commission d'enquête de l'Onu sur la situation des droits de l'Homme en Syrie affirme que les forces aériennes syriennes ont utilisé du gaz sarin lors de l'attaque de la commune de Khan Cheikhoun, dans le nord de la Syrie, qui a fait 87 morts, dont des enfants, et plus de 500 blessés le 4 avril dernier. La France était parvenue à cette conclusion en avril, sur la foi d'un rapport des services de renseignement français. "Pour la France, la responsabilité de l'armée syrienne dans cette attaque ne fait aucun doute. Les auteurs de cette attaque devront rendre des comptes", a déclaré jeudi la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères lors d'un point de presse. "Nous prêtons également la plus grande attention aux indices concordants relevés par la commission Pinheiro au sujet d'attaques chimiques de différents types intervenues en 2017", a ajouté Agnès Romatet-Espagne. Selon le rapport de la commission dirigée par Sergio Pinheiro, les forces armées syriennes auraient mené au moins 24 attaques chimiques entre mars 2013 et juillet 2017. Le président français a déclaré en mai dernier, au côté de Vladimir Poutine, qu'il fixait deux "lignes rouges" en Syrie : le recours aux armes chimiques et l'accès à l'aide humanitaire. Emmanuel Macron l'a répété depuis, notamment dans une interview à huit journaux européens en juin dans laquelle il indiquait que la France pourrait répliquer seule si la preuve d'attaques chimiques en Syrie était faite. Il avait évoqué des frappes contre des stocks d'armes chimiques identifiés. "Quand vous fixez des lignes rouges, si vous ne savez pas les faire respecter, vous décidez d'être faible. Ce n'est pas mon choix", déclarait-il. Les Etats-Unis avaient mené des frappes unilatérales sur des installations syriennes en avril à la suite de l'attaque de Khan Cheikhoun. (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)