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La suppression du droit du sol à Mayotte, un projet contesté

Un département français sans droit du sol ? La mesure annoncée par Gérald Darmanin dimanche 11 février, fait s’interroger la presse étrangère.

Lors d’une visite éclair dans l’archipel de l’océan Indien, le ministre de l’Intérieur a plaidé pour une révision constitutionnelle destinée à supprimer le droit du sol sur l’île afin de stopper l’immigration illégale. L’annonce survient après trois semaines de paralysie dans le département d’outre-mer, bloqué par les multiples barrages dressés par des collectifs de citoyens pour protester contre l’insécurité et le poids de l’immigration irrégulière.

“Il ne sera plus possible de devenir français si on n’est pas soi-même enfant de parents français”, a indiqué Gérald Darmanin, décrivant “une mesure extrêmement forte” destinée à “couper l’attractivité” de Mayotte pour les migrants des pays voisins.

La mesure devrait, selon le ministre, aussi permettre de supprimer les titres de séjour territorialisés. Ce dispositif extraordinaire – qui vise à empêcher les détenteurs d’un titre de séjour mahorais de rejoindre l’Hexagone ou l’île de la Réunion – maintient les immigrants sur le territoire de Mayotte, critiquent les collectifs d’habitants. Ils demandent sa suppression.

Mais la mesure, explique à Londres le Daily Telegraph, implique “une réforme de la Constitution qui suscite une vive polémique”.

Mayotte, rappelle le quotidien britannique, constitue certes un souci quasi permanent pour Paris. “Les troubles sociaux, la pauvreté et la criminalité qui sévissent depuis plusieurs décennies ont été aggravés par une pénurie d’eau sans précédent et un afflux continu de migrants clandestins qui fuient la misère des Comores, le pays voisin.”

Près de la moitié des 310 000 habitants de l’île sont des immigrés venant des Comores voisines ou d’autres pays africains, détaille la journaliste.

Mais une modification de la Constitution doit être votée par les deux chambres du Parlement avant d’être adoptée par un référendum ou par le Congrès à une majorité des trois cinquièmes. Un projet qui paraît incertain pour un gouvernement sans majorité. À Paris, ce lundi 12 février, Emmanuel Macron recevra Gérald Darmanin et Marie Guévenoux, la nouvelle ministre déléguée aux Outre-mer, pour discuter de la situation.

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