Pour Stanislas Guerini, le couvre-feu à 18 heures est une mesure pour "contrer l'effet apéro"

Esther Paolini
·2 min de lecture
Le délégué général d'En Marche Stanislas Guerini le 27 octobre 2020 à Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Sur le plateau de BFMTV mercredi soir, le délégué général de LaREM a justifié la généralisation du couvre-feu à 18h au lieu de 20h sur l'ensemble du territoire pour "contrer l'effet apéro".

C'est une petite phrase qui n'a pas manqué de faire réagir les réseaux sociaux. Sur notre plateau mercredi soir, Stanislas Guerini, le délégué général de LaREM était interrogé sur les bénéfices du couvre-feu à 18 heures. Ce dernier pourrait bientôt être généralisé sur l'ensemble du territoire, bien que nombreux sont ceux qui doutent de son efficacité sur la crise sanitaire. Il a répondu que celui-ci était avant tout là pour contrer "l'effet apéro".

Le Covid-19, un virus "social"

"Ce couvre-feu a un intérêt qui permet de s'attaquer à un virus social, le virus il se déplace avec nous. A peu près un tiers des contaminations qui sont dans le cercle amical, familial. L'intérêt du couvre-feu est de contrer l'effet apéro", a-t-il déclaré.

Selon lui, cette mesure, déjà instaurée dans 25 départements de l'Est et du Sud-Est a son importance pour éviter la propagation du virus dans la population, même si celle-ci n'est pas encore visible:

"On verra la semaine prochaine avec un peu plus de recul l'effet du couvre-feu à 18h mais il est certain que parce qu'on impacte l'effet social, on impacte la progression du virus. Et c'est particulièrement utile avec ce nouveau variant."

Ce jeudi, Olivier Véran a également défendu cette restriction, la présentant comme "une démarche empirique":

"Est-ce que ça marche ou pas, on verra. Ce que je sais, c'est que dans tous les départements qui ont adapté cette mesure, avec dix jours de recul, on a une augmentation du taux d'incidence de 16%, quand les autres ont une augmentation de 43%. Dans la région Grand est, il y a vraiment une différence avec les départements voisins", a-t-il souligné.

"L'infantilisation" du gouvernement

Mais sur les réseaux sociaux, cette mesure "anti-apéro" ne passe pas. "Mais on fait métro-boulot-dodo depuis bientôt an, qu'est-ce que tu me parle d'effet apéro?", dénonce l'un, "comme si les gens n'étaient pas capable d'avancer l'heure d l'apéro à 16 heures", ironise un autre. Quand beaucoup surtout, dénoncent "l'infantilisation" du gouvernement.

"On oublie sûrement qu'à cette heure, 99% des Français finissent (ou pas) le travail, s'occupent des enfants, font leurs courses, prennent les transports", déplore par exemple Robin Salecroix, vice-président de Nantes Métropole.

Twitter @Robin_Salecroix
Twitter @Robin_Salecroix

Même dans les rangs de la majorité, l'expression a été raillée par des figures de la Macronie.

"L'effet apéro... Voilà une expression inutilement caricaturale, et si éloignée de la réalité", a regretté sur Twitter Hugues Renson, vice-président de l'Assemblée nationale.

@huguesrenson
@huguesrenson

Article original publié sur BFMTV.com

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