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Stanislas épinglé pour avoir "contourné" Parcoursup, le directeur de l’établissement privé se défend

Selon "Mediapart", le fils d’Amélie Oudéa-Castéra a bénéficié d’une pratique répandue au sein du lycée, qui avantage ses élèves au détriment de ceux venus de l’extérieur.

POLITIQUE - Le lycée privé catholique Stanislas à nouveau épinglé. Après la publication d’un rapport de l’Inspection générale de l’Éducation nationale pointant des « dérives » dans l’enseignement, le lycée Stanislas est désormais pointé du doigt pour une pratique qui « contourne » Parcoursup, plateforme censée favoriser une meilleure égalité des chances dans l’accès aux études supérieures.

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Selon Mediapart, qui révèle les faits, le fils de la ministre de l’Éducation nationale en a bénéficié. L’établissement scolaire privé a même été rappelé à l’ordre pour ce « contournement » des règles de Parcoursup, a confirmé le ministère de l’Enseignement supérieur à l’AFP ce dimanche 21 janvier.

Le rapport d’inspection dévoilé cette semaine par le média en ligne relève qu’à Stanislas, « certains élèves sont incités à renoncer à leurs autres vœux dans Parcoursup » en échange de la « garantie d’être admis » en classe préparatoire au sein de l’établissement.

Le rapport relève que la pratique est « très isolée » parmi les lycées ayant des CPGE : « En 2023, sur plus de 600 000 lycéens ayant formulé des vœux dans Parcoursup, il y a seulement 41 candidats qui n’ont fait qu’un seul vœu » pour une CPGE dans l’établissement où ils sont en terminale. Et « 38 sont des élèves de Stanislas ».

Stanislas rappelé à l’ordre sur la nécessaire "égalité de traitement"

Selon Mediapart, le fils aîné de la ministre de l’Éducation nationale, Amélie Oudéa-Castéra, dans la tourmente depuis plus d’une semaine, figure parmi ces 38 élèves. « Il a bien été sélectionné, parmi plus de 2 000 candidatures enregistrées », écrit le site d’investigation qui souligne par ailleurs que le jeune homme, outre une scolarité intégralement effectuée au sein de l’établissement, était un « excellent élément de terminale ».

Le ministère de l’Enseignement supérieur a donc fait savoir dimanche qu’à l’issue de ses investigations, l’inspection générale « a adressé en août un courrier » à Stanislas.

Un nouveau courrier a été adressé le 17 janvier à l’établissement « pour lui rappeler ses engagements » à respecter la charte de Parcoursup, notamment de « respect des principes de “liberté d’expression des vœux émis et de choix des propositions d’admission” et de “non-discrimination, d’égalité de traitement, d’équité et de transparence” », précise le ministère.

« Il a été demandé au chef d’établissement de confirmer que toutes les dispositions sont prises en ce sens au sein de son établissement pour la session 2024 qui s’ouvre », a poursuivi le ministère qui ajoute qu’il « appréciera les actions à conduire en regard des réponses du chef d’établissement ».

« Personne n’est lésé » se défend le directeur de Stanislas

Le directeur de Stanislas Frédéric Gautier a réfuté dimanche sur BFMTV toute incitation faite aux élèves de ne formuler qu’un vœu. Il affirme que l’établissement ne rend qu’un « avis » à l’issue du 2e trimestre de Terminale et que les élèves sont ensuite libres de leur choix.

  

« Entre le moment où nous leur donnons un avis favorable et celui où ils décident, ils peuvent décider deux choses : soit de ne retenir que “Stan” en sachant qu’ils ont un avis favorable et ils ne mettent qu’un vœu (...) et nous faisons affaire. Mais s’ils veulent aller à Henri IV, ou à Louis Le Grand, ils ont parfaitement le droit de le faire », assure Frédéric Gautier.

« D’une certaine manière, personne n’est lésé », estime-t-il. « Il y a largement de la place pour tous les autres élèves qui veulent postuler, donc il n’y a pas de délit d’initié », a-t-il poursuivi. « S’il faut faire autrement, nous ferons autrement, mais nous n’avons pas le sentiment de léser les élèves qui viennent de l’extérieur ni de tromper nos propres élèves », a-t-il insisté.

La gauche ironise sur Parcoursup et "ses travers"

Contacté par l’AFP, l’entourage d’Amélie Oudéa-Castéra n’était pas joignable dans l’immédiat dimanche. Mais, dans une réponse fournie à Mediapart, il a fait savoir que « comme d’autres familles », celle de la ministre « a suivi la procédure prévue par Stanislas et chacune des étapes prévues par Parcoursup ».

Ces nouvelles révélations n’ont pas manqué de faire réagir l’opposition de gauche qui dénoncent depuis des années le système Parcoursup. « Enfin une ministre de l’Éducation macroniste qui reconnaît que Parcoursup c’est pas possible. Évidemment qu’elle va du coup maintenant tout faire pour mettre fin à ce système qui angoisse les élèves et leurs parents ! », ironise ainsi la cheffe des Écologiste Marine Tondelier sur X.

Son homologue au PS s’interroge : « Comment la ministre de l’égalité des chances peut-elle conserver une légitimité à s’exprimer sur Parcoursup, sur ses avantages et ses travers, sur ses réformes nécessaires ? », écrit Olivier Faure, réclamant une nouvelle fois sa démission.

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