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Volley : "Il essaie de nuire à mon image", guerre des nerfs à Poitiers entre l'entraîneur et celui qui voudrait prendre sa place

RMC SPORT: Brice Donat, comment jugez-vous le début de saison du SPVB?

J’avais prévu une défaite de moins dans mon tableau de marche (3V-6D). La préparation a été parasitée par les travaux de notre salle principale. Pendant deux mois, on a dû se préparer dans des salles au sol en béton et on s’est retrouvé avec des problèmes de dos et de genoux des joueurs. D’autres joueurs ont été libérés tardivement dont notre passeur arrivé 8 jours avant la première journée. Comme souvent, la phase aller servira à affiner les réglages et les relations techniques. Individuellement, les joueurs sont très sérieux malgré les blessures de Thoral et Howe qui reprend tout juste. On s’entraîne en groupe réduit et il nous manque le rythme de haute intensité quotidien depuis 3-4 semaines. On fait le dos rond.

"Je ne travaille qu'avec des gens honnêtes"

Une ombre plane au-dessus du club. Revenu multititré de Berlin, le Poitevin Cédric Énard passe ses diplômes de manager à Limoges et certains rêvent de le voir au SPVB. Êtes-vous un coach en sursis?

Je suis en contrat avec le club jusqu’au 30 juin. Depuis de nombreuses années M. Énard essaie de venir à Poitiers. J’ai l’impression que c’est une obsession pour lui. Il essaie de nuire à mon image avec ses amis qui ne sont d'ailleurs pas investis dans le club. Mais je me sens soutenu par le président et la direction. Je me sens soutenu par le partenaire principal. Je me sens soutenu par une majorité de supporters et de partenaires. Mes 10 ans à la tête du SPVB ne sont pas anodins, ils sont gages d’implication, de sérieux et de professionnalisme. J’ai dépassé le simple cadre d’un entraîneur dans cette décennie. Il reste encore à créer le centre de formation (CFC) mais c’est une décision politique avec les collectivités locales. Il faut avant ce CFC être solide financièrement. On y arrive car, à terme, le centre de formation devrait être obligatoire pour avoir la licence club de la Ligue.

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A post shared by Viktorija Burakauskas (@toribur) on Jan 21, 2020 at 8:43am PST

Pourriez-vous entraîner Poitiers avec Cédrid Enard comme manager général?

Je ne travaille qu’avec des gens honnêtes et sains.

Avez-vous sondé des managers ou coachs pour travailler à vos côtés à l'avenir?

Si j’ai eu ces résultats depuis 10 ans, c’est que j’ai été accompagné, aidé et soutenu par les joueurs, les différentes directions, les collectivités et mes staffs. Sans eux, rien n’aurait été possible, tous ensemble. Les gens ont pu observer ce dont j’étais capable dans mes différentes missions. Pour se structurer, le club voudrait prendre un manager général. J’ai une idée de ce poste de manager général, un poste qui veut tout et rien dire à la fois. J’ai une idée de ce qu’il faudrait aujourd’hui pour devenir un club de haut niveau en Ligue A avec l’apport des dirigeants et d’Alterna.

Est-ce facile depuis 10 ans d’entraîner le SPVB?

Je me souviens de cette phrase de Marc Francastel: "si tu réussis à Poitiers, tu pourras réussir partout". Et il n’a pas tort. Quand je suis arrivé en 2013 pour succéder à Olivier Lecat, il fallait tout reconstruire. C’était l’objet de mon projet "2018, le SPVB s’attaque à l’Europe". Il fallait franchir des paliers sur le plan sportif, administratif, humain. Il fallait créer un écosystème avec de nouveaux vestiaires, des locaux pour les kinés et pour le staff. J’étais en mission pour un challenge fou et en 2019, on est bien en demi-finale de la CEV Challenge Cup contre Belgorod, futur vainqueur de l’épreuve. On gagne la Coupe de France 2020. Et l’éclosion d'Al Hachdadi, Abaev, Ma’a, Andringa, Chizoba, Ramon, sans parler de Nimir, prouve la qualité du travail. Passer de l’Elite à l’Europe était un projet fou dans lequel je me suis investi à 200%. Aujourd’hui le club a retrouvé la Ligue A dans une situation économique saine et bénéficiaire. J’en suis fier.

"Notre dernière année de transition"

Pourquoi ces deux dernières années sans playoffs (12e puis 10e)?

On était financièrement limité. On a structuré le club sur le plan administratif en piochant dans le budget alloué aux pros. Ce sont des choix et on a dû faire des concessions dans le recrutement. Il fallait serrer les boulons sans pouvoir s’aligner sur des salaires proposés ailleurs. L’objectif de ces deux dernières années était le maintien, a minima. Quand on voit les galères sportives de Cannes, descendu après le titre de champion en 2021, ou Montpellier, 8e après son titre en 2022, je pense que c’est notre dernière année de transition durant laquelle on n’a pris aucun risque financier grâce à Alterna.

Cela veut-il dire que vous voyez la lumière au bout du tunnel?

Alterna a signé comme sponsor titre pour 5 ans. C’est un apport financier mais aussi une coopération avec ses structures. Ce n’est pas qu’un sponsor. Il va aider le club à se développer dans tous les domaines. Un bel avenir se présente et je mérite d’en être.

Mais il faudra plus de moyens financiers...

On peut y arriver dans les années à venir avec un projet ambitieux d’ici 2028. Avec le centre de formation, la "professionnalisation" des structures amateurs du club, l’augmentation de la masse salariale des joueurs et un organigramme précis, le volet financier peut faire passer le budget du club de 1,7 million d’euros aujourd’hui à 2 millions la saison prochaine pour arriver à 2,6 millions en 2028. En Ligue B, le club de basket de Poitiers dispose d’un budget de 2,5 millions d’euros. On peut y arriver, nous aussi. Si on n’est pas ambitieux aujourd’hui, on ne se mettra pas en ordre de marche demain pour que le SPVB gagne. C’est mon objectif prioritaire mais c’est à nous de nous mettre en action pour porter un très grand club.

Article original publié sur RMC Sport