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UFC 296: "Le geste", le film bouleversant sur le crack méconnu Edwards avant le choc face à Covington

C’est l’histoire d’un coup de pied qui change une vie. Un geste pour passer de l’ombre à la lumière. Août 2022. A Salt Lake City, le combat principal de l’UFC 278 touche à sa fin et Leon Edwards, challenger au titre chez les welters (-77 kilos), est parti pour s’incliner face au champion Kamaru Usman. Avec encore à peine une minute de combat, l’affaire semble pliée. Même les commentateurs le disent: "The Nigerian Nightmare", qui avait déjà battu le Britannique sur décision unanime en décembre 2015, file vers une nouvelle défense victorieuse de sa ceinture.

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Mais tout va être chamboulé en une seconde et un high kick qui touche Usman pleine tête et l’éteint. "Rocky" est le nouveau champion de la catégorie. Une trajectoire fidèle à son surnom, celui de l’outsider par excellence à qui on n’a jamais rien donné mais qui prend tout quand même… Pour mieux comprendre, il faut raconter sa destinée. Que vous pouvez retrouver dans les grandes largeurs dans Le geste, nouveau film exceptionnel RMC Sport de 47 minutes sur l'histoire de Leon Edwards et ses combats contre Usman avant sa défense de titre face à l’Américain Colby Covington mi-décembre à Las Vegas pour l’UFC 296. L’histoire d’un gamin né et élevé en Jamaïque, où il grandit "dans une cabane en bois, avec un toit en tôle".

"Il y avait des guerres de gangs, raconte-t-il. On risquait une balle perdue à chaque coin de rue. Mon père appartenait à un gang. Il a préféré nous envoyer en Angleterre pour une vie meilleure. Il était impliqué dans le trafic de drogues et ça lui a coûté la vie. Il a été assassiné quand j’avais 13 ans. Ma mère a dû endosser le rôle des deux parents." Débarqué à Birmingham, Leon Edwards va y trouver un autre chemin grâce à maman. "C’est elle qui m’a inscrit au MMA. Elle l’a fait pour sauver son fils. Pour m’empêcher de mal tourner, de finir en prison, tué ou poignardé. Aujourd’hui, c’est à moi de lui offrir une vie meilleure."

Le garçon s’entraîne encore, encore et encore. Il grandit dans les ligues mineures britanniques et rejoint l’UFC fin 2014. Après deux défaites dans ses quatre premiers combats dans l’organisation, la seconde face à Usman, Edwards entame une série de huit victoires de rang qui le rapproche de la couronne. Mais son style trop attentiste – qui lui vaut même d’être hué chez lui à Londres – n’attire pas les faveurs de l’UFC. Et le destin s’en mêle encore. Son premier main event prévu dans la capitale anglaise, en mars 2020 face à l’ancien champion Tyron Woodley, saute à cause de la pandémie de Covid. L’UFC veut alors le mettre face au phénomène Khamzat Chimaev mais le combat est annulé… trois fois.

Après dix-huit mois sans combattre, son retour tourne court avec un no contest face à Belal Muhammad pour doigt dans l’œil involontaire. Il remporte son combat suivant, face à la légende Nate Diaz, mais ce dernier le met mal dans le dernier round et le public retient surtout ça. Pas grave. L’UFC finit par céder et lui accorde une chance pour le titre face à Usman, qui reste sur 19 victoires de suite et jamais mis KO en carrière. Pour un coup de pied en forme de tremblement de terre sur la planète MMA, suivi d’un speech inoubliable au micro et d’un coup de fil rempli de larmes à sa mère. "C’est un long voyage. La vie a été plus dure avec moi qu’avec les gens ordinaires. Tout ce chemin, les joies, les peines, ça m’a gardé en vie dans ce combat."

Quelques mois plus tard, la revanche (qui est le troisième combat entre les deux) tourne encore en sa faveur, vainqueur par décision après une performance maîtrisée notamment en lutte. On lui a longtemps refusé les honneurs. Alors Leon Edwards savoure. "L’histoire retient les actes, pas les paroles. Désormais, mon histoire s’écrit à la perfection. (…) On ne m’a jamais rien donné. J’ai durement gagné le respect que je mérite. Toute ma vie m’a préparé pour ce moment. J’ai pris le chemin le plus difficile pour en arriver là. L’heure de mon règne a sonné. Je me sens enfin à ma place. (…) Je veux être le meilleur welter de tous les temps. Battre le record de Georges St-Pierre. Je veux être le premier Britannique double champion à l’UFC. C’est moi le roi désormais."

Article original publié sur RMC Sport