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Sylvain Tesson au Printemps des poètes : « La violence des attaques a laissé des traces »

À la tête du Printemps des poètes depuis 2018, Sophie Nauleau a démissionné de ses fonctions le 26 janvier dernier à la suite de la polémique.  - Credit:Francesca Mantovani
À la tête du Printemps des poètes depuis 2018, Sophie Nauleau a démissionné de ses fonctions le 26 janvier dernier à la suite de la polémique. - Credit:Francesca Mantovani

Le Printemps des poètes, qui célèbre cette année son 25e anniversaire, a débuté sans elle. Après huit années passées à sa tête, Sophie Nauleau a démissionné de son poste de directrice artistique de la manifestation dédiée à la promotion de la poésie. Alors qu'elle publie Mais de grâce écoutez, elle revient sur ces dernières semaines et la polémique qui a entouré son souhait de faire parrainer l'événement par l'écrivain Sylvain Tesson.

Le Point : Dans quel état d'esprit êtes-vous après ce qui s'est passé le mois dernier ?

Sophie Nauleau : Comme l'un des personnages du film de Marie Garel-Weiss, Sur la branche, avec Agnès Jaoui, Benoît Poelvoorde et cette comédienne magnifique, Daphné Patakia. Elle interprète le rôle d'une femme qui a dû quitter brutalement sa vie professionnelle et dit : « Arrêter mon travail, ça me fait deuil. » Je trouve la formule très belle.

Après sept ans passés à m'investir sept jours sur sept au service du Printemps des poètes pour en faire ce qu'il est aujourd'hui, un événement qui fait rayonner la poésie partout en France et jusque dans quatre-vingts pays, je dois tourner la page. Évidemment, je n'ai perdu personne. Il n'y a pas eu mort d'homme. Mais la violence des attaques a laissé des traces.

Lesquelles ?

Peu importe… En ce moment, je relis Alexandre Dumas. J'ai besoin de romans qui m'emportent. Je suis tombée sur cette phrase magnifique dans l'avant-propos du Collier de la reine, rédigé au lendemain de la révolution de 1848. L'écriv [...] Lire la suite