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Saint-Brévin : la démission du maire Yannick Morez finalement acceptée

Saint-Brévin : la démission du maire Yannick Morez finalement acceptée (Photo de Yannick Morez parlant à la Première ministre Elisabeth Borne à Matignon le 17 mai 2023)

À l’issue de cet entretien entre Élisabeth Borne et le maire démissionnaire, le gouvernement a annoncé lancer un centre d’analyse et de lutte contre les atteintes aux élus.

POLITIQUE - Sa démission aura fait bouger les choses. Ce mercredi 17 mai, Élisabeth Borne recevait Yannick Morez, maire de Saint-Brévin-les-Pins, qui a donné sa démission après que sa maison a été incendiée. À la suite de cette rencontre, l’élu a pris la parole sur les marches de l’hôtel de Matignon pour annoncer que sa démission avait bien été acceptée par le préfet.

« Je ne m’attendais pas à un tel soutien. J’ai été très, très ému, au Sénat », a-t-il déclaré, annonçant qu’il « y aura un avant et un après Saint-Brévin ». En effet, le gouvernement a décidé de lancer un centre d’analyse et de lutte contre les atteintes aux élus après cette affaire. Il permettra aussi de mieux coordonner au niveau national « l’ensemble des forces de sécurité et des services de l’État ».

L’évaluation des risques sera par ailleurs systématique à chaque fois qu’une menace contre un élu apparaîtra, et un dispositif d’« aller vers » permettra aux élus de déposer plainte à leur domicile ou à la mairie.

« Ça va bouger maintenant », espère l’ancien maire, « ravi » d’avoir été reçu et « écouté » à Matignon. Avant cela, pendant plusieurs heures au Sénat, ce mercredi, Yannick Morez a raconté dans le détail ce qui a mené à l’incendie de sa maison, depuis les menaces dont il a fait l’objet par des groupes d’extrême droite extérieurs à la ville quand il a accepté de recevoir dans sa ville un Cada (Centre d’accueil pour demandeurs d’asile), comme le demande l’État.

« Arrêter cette spirale infernale de la violence »

Le gouvernement veut également alourdir les sanctions pénales en cas d’attaques contre des élus, qui seront considérées comme aussi graves que les atteintes contre des policiers, a déclaré mercredi la ministre des Collectivités territoriales, Dominique Faure.

« Il nous faut évidemment arrêter cette spirale infernale de la violence faite aux élus dans notre République. C’est absolument inacceptable », a dit Dominique Faure à Matignon qui avait également participé à la rencontre avec le maire démissionnaire.

En alignant les peines des atteintes aux élus sur celles des atteintes aux personnels en uniforme (policiers, gendarmes, pompiers...), ces sanctions iront jusqu’à 7 ans d’emprisonnement et 100.000 euros d’amende (pour plus de 8 jours d’ITT), au lieu de 3 ans et 75.000 euros d’amende.

Ces mesures, qui avaient été censurées par le Conseil constitutionnel dans la loi sur la sécurité intérieure (Lopmi), seront intégrées dans le projet de loi de programmation sur la justice, a précisé la ministre.

Le dispositif « alarme élus » renforcé

Le gouvernement prévoit également la création d’un réseau de plus de 3.400 « référents atteintes aux élus » dans les commissariats et les gendarmeries. « Ces référents seront les portes d’entrée des élus pour libérer la parole », a précisé l’entourage de la ministre, en expliquant que « beaucoup de maires n’osent pas parler des violences dont ils font l’objet ».

La démission du maire de Saint-Brévin, Yannick Morez, menacé par l’extrême droite et victime d’un incendie criminel, a jeté une lumière crue sur les violences contre les élus, qui ont continué à augmenter en 2023, après une hausse de 32 % en 2022, selon le ministère de l’Intérieur.

Le dispositif « alarme élus » sera également renforcé : il permet aux élus de se faire enregistrer dans un fichier qui déclenche, en cas d’appel à la police, « une intervention encore plus rapide des forces de sécurité », et qui permet des patrouilles près de son domicile et de la mairie.

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