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Réforme des retraites : Philippe Martinez et Laurent Berger appellent à renforcer la contestation

French CGT trade union General Secretary Philippe Martinez (C) addresses media prior to the start of the demonstration, on the third day of nationwide rallies organised since the start of the year, against a deeply unpopular pensions overhaul in Paris on February 7, 2023. - France braced for new strikes and mass demonstrations against French President's proposal to reform French pensions, including hiking the retirement age from 62 to 64 and increasing the number of years people must make contributions for a full pension on February 7, 2023, a day after lawmakers started debating the contested bill. (Photo by Sameer Al-Doumy / AFP)

RETRAITES - Les revendications, c’est bien, les grèves et les manifestations, c’est mieux. Alors que des dizaines de milliers de Français défilent dans les rues ce mardi pour protester contre le projet de réforme des retraites, les leaders des principaux syndicats de France appellent à renforcer la contestation, et mettent en garde la majorité.

Depuis la tête du cortège de la manifestation à Paris, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a appelé à des « grèves plus dures, plus nombreuses, plus massives, et reconductibles ». À ses côtés, son homologue de la CFDT, Laurent Berger, a quant à lui assuré que les syndicats essaieront de « faire plus fort samedi prochain ».

« Si le gouvernement persiste à ne pas écouter, forcément il faudra monter d’un cran », a justifié Philippe Martinez. Selon lui, la participation à la troisième journée de grèves et de manifestation à l’appel des syndicats devrait être similaire à celle du 19 janvier, « si ce n’est plus ». Face à un peuple « aussi en colère, ça vaut le coup de l’écouter et de ne pas s’obstiner sur une réforme injuste et non justifiée », a-t-il encore estimé.

Un point de vue partagé par Laurent Berger, qui a jugé que ce serait « une folie démocratique de rester sourd » à la contestation de la réforme, mais s’est toutefois montré plus mesuré à l’idée d’un mouvement « plus dur ».

« On veut montrer un monde du travail digne »

« Plus dur, ça veut dire quoi ? C’est quoi la perspective démocratique d’un pays dont les dirigeants n’écouteraient pas la plus grosse mobilisation sociale des trente dernières années ? », a-t-il interrogé. « On ne tombera pas là-dedans, nous, on veut montrer un monde du travail digne. Ceux qui manifestent aujourd’hui, c’est le monde du travail normal, c’est des gens raisonnables », a-t-il répondu.

Partisan du compromis, Laurent Berger a ainsi de nouveau appelé l’Assemblée à débattre sur l’article 7 qui prévoit le report de l’âge légal de la retraite à 64 ans, jugeant que « ce serait folie » dans le cas contraire.

« Samedi on va peut-être décider de monter d’un cran avec des grèves reconductibles et des blocages », a cependant affirmé à ses côtés le président du syndicat CFTC Cyril Chabanier, lui aussi « réformiste ». Il a fait état d’une baisse estimée de 15 % du nombre de manifestants, soulignant que « ce n’est pas une baisse énorme vu que certaines personnes se réservent pour samedi ».

Du côté du FSU, première Fédération syndicale de l’enseignement, le secrétaire général Benoît Teste (FSU), entend « monter d’un cran » à partir du 6 mars, après les « congés scolaires ». « D’ici là il faut maintenir un haut niveau de mobilisation », a-t-il affirmé, tandis que Frédéric Souillot (FO) s’est félicité d’une intersyndicale « unie pour longtemps ».

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