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Sur la réforme des retraites, Aurélien Pradié mis sous pression par les ténors LR

Aurélien Pradié photographié le 7 février dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale lors de l’examen de la réforme des retraites.
LUDOVIC MARIN / AFP Aurélien Pradié photographié le 7 février dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale lors de l’examen de la réforme des retraites.

La position jugée trop dure (voire opportuniste) du député du Lot n’en finit plus d’agacer au sein du parti de droite.

POLITIQUE - Il est l’homme qui gâche les plans du gouvernement, et rend inaudibles les négociations entre l’exécutif et Les Républicains sur la réforme des retraites. Le député du Lot Aurélien Pradié ne cesse d’agacer en interne, où sa position jugée trop intransigeante sur le texte porté par Élisabeth Borne est considérée comme opportuniste.

Ces dernières heures, plusieurs voix se sont élevées pour le sommer de rentrer dans le rang, car beaucoup pensent que le parti de droite joue sa crédibilité (voire son avenir) sur son soutien à la réforme.

Ce mercredi 8 février sur France inter, c’est le président du Sénat Gérard Larcher qui a posé un ultimatum au député frondeur. « Je dis à Aurélien Pradié qu’il appartient à une famille politique qui a défini un certain nombre de valeurs, parmi elles le travail, la solidarité intergénérationnelle (et) la maîtrise des comptes publics », a averti Gérard Larcher.

« On peut mourir de nos contradictions »

Avant d’ajouter : « S’il se sent vraiment de notre famille politique, eh bien il doit à un moment prendre la décision de voter la loi ». Au même moment sur RTL, Bruno Retailleau entonnait un refrain similaire. « Je pense que l’on peut mourir de nos contradictions », a prévenu le président du groupe LR au Sénat, avant de faire une allusion implicite au député du Lot.

« Beaucoup d’hommes politiques d’aujourd’hui devraient réécouter la belle chanson (L’opportuniste) de Jacques Dutronc », a poursuivi l’élu vendéen, qui reproche à son ex-adversaire à la présidence des Républicains d’avoir changé de discours en quelques mois.

Durant la campagne interne, Aurélien Pradié plaidait pour l’obtention d’une retraite à taux plein après 45 annuités. « Brutalement, il faudrait que 43 annuités. Je crois que le courage en politique, c’est de tenir une ligne de constance », a insisté Bruno Retailleau. Au-delà des règlements de compte en public, Aurélien Pradié essuie des tirs nourris en coulisses.

Selon Public Sénat, les oreilles du député du Lot ont sifflé très fort lors de la réunion du groupe de droite à la chambre basse, à laquelle participait Éric Ciotti mardi 7 février. Ce mercredi, L’Opinion raconte également comment les ténors du parti, comme Jean-François Copé et Rachida Dati, sont montés au créneau contre Aurélien Pradié, lors de la réunion conseil stratégique du parti de droite.

Numéro en solo

Des critiques auxquelles le principal intéressé n’est pas sourd. « Je n’ai jamais contesté la mesure d’âge. Je n’ai jamais contesté la nécessité de travailler plus ni même la nécessité d’une réforme des retraites. Ce que je dis n’a pas varié : pour qu’une réforme soit acceptée des Français, il faut qu’elle soit juste », se défend Aurélien Pradié dans une interview au Figaro ce mercredi. « N’ayons pas peur de réhabiliter le tempérament en politique. N’ayons pas peur de mener le combat. La politique, ce n’est pas qu’une affaire de négociation », insiste le député LR.

Ce dernier peut d’ailleurs compter sur le soutien du président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand, également opposé à la réforme. « Si on ne peut pas faire entendre ses différences, ses divergences, à quoi ça sert ? On n’est pas dans un régiment ! », a défendu l’élu LR.

Reste qu’au sein du groupe LR à l’Assemblée nationale, le numéro en solo du Lotois irrite certains de ses collègues. « Sa sortie de dimanche, juste après une annonce du gouvernement allant dans notre sens, était franchement violente et non nécessaire », grince auprès du HuffPost un député LR, qui pense toutefois que tout le monde finira par s’attendre d’ici la fin de l’examen : « il faut attendre que tout cela retombe. Et même s’il n’est pas satisfait, on peut imaginer que Pradié finisse par s’abstenir, plutôt que de voter contre. Ce qui serait pour lui une porte de sortie honorable ».

D’ici là, Les Républicains comptent bien évoquer son cas, lors du bureau politique du parti qui se tiendra le 14 février. Et s’il tombe le jour de la Saint-Valentin, pas sûr qu’Aurélien Pradié y soit accueilli avec des fleurs.

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