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Prothèses mammaires PIP: la Cour de cassation confirme la responsabilité du certificateur allemand

La Cour de cassation a confirmé jeudi la responsabilité du certificateur allemand TÜV dans l'affaire des prothèses mammaires défectueuses PIP, qui a touché des milliers de femmes dans le monde, tout en renvoyant plusieurs volets du dossier devant la cour d'appel de Lyon.

Saisie de quatre décisions sur l'indemnisation de victimes de ce scandale sanitaire, la plus haute juridiction de l'ordre judiciaire français a notamment confirmé que "la société TÜV Rheinland (...) a manqué à ses obligations de contrôle, de prudence et de vigilance dans l'exercice de sa mission professionnelle, (et) que la responsabilité professionnelle de la société TÜV Rheinland France est avérée".

Des indemnisations pour préjudice moral et d'anxiété

Les cours d'appel d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), Paris et Versailles avaient saisi la Cour de cassation sur l'indemnisation de victimes de ce scandale sanitaire qui avait éclaté en 2010. Des milliers de femmes à travers le monde avaient reçu des implants remplis de gel non-conforme, artisanal et bon marché, à la place du gel en silicone requis, à la suite d'une fraude de cette société PIP implantée dans le Var.

Elle a donc confirmé la responsabilité de TUV et cassé pour le reste deux décisions rendues à Aix, sur un point de droit, la Cour de cassation ne jugeant pas sur le fond des dossiers. Dans un autre volet du dossier, devenu au fil des ans tentaculaire, elle a confirmé une décision de la cour d'appel de Paris jugeant TÜV responsable et condamnant la société à verser des provisions pour préjudice moral et d'anxiété.

Le dossier dans les mains de la cour d'appel de Lyon

Elle a jugé que cette responsabilité ne pouvait pas être limitée à une période allant du 1er septembre 2006 au 6 avril 2010, contrairement à ce qu'avait décidé la cour d'appel de Paris. Cette limitation avait conduit à débouter plusieurs centaines de plaignantes de leurs demandes de dédommagements.

La Cour de cassation a enfin cassé un arrêt de la cour d'appel de Versailles rejetant les demandes d'indemnisations de plus de 200 femmes, domiciliées en Suède. Elle a renvoyé l'ensemble des dossiers, pour les parties cassées et donc à rejuger, à la cour d'appel de Lyon.

Article original publié sur BFMTV.com