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Nicolas Sarkozy sort le bazooka et réagit à sa condamnation en appel dans « Le Figaro »

L’ancien président de la République Nicolas Sarkozy a réagi mercredi 18 mai dans « Le Figaro » à sa condamnation à un an de prison ferme en appel dans l’affaire dite « des écoutes Bismuth ». Photo d’illustration prise le 8 juin 2016 lors d’un meeting à Saint-Andre-lez-Lille.
L’ancien président de la République Nicolas Sarkozy a réagi mercredi 18 mai dans « Le Figaro » à sa condamnation à un an de prison ferme en appel dans l’affaire dite « des écoutes Bismuth ». Photo d’illustration prise le 8 juin 2016 lors d’un meeting à Saint-Andre-lez-Lille.

JUSTICE - Nicolas Sarkozy sonne le branle-bas de combat. Condamné mercredi en appel à trois ans de prison − dont un an ferme − pour corruption et trafic d’influence dans l’affaire dite « des écoutes », l’ancien président de la République a réagi publiquement pour la première fois ce jeudi 18 mai, dans les colonnes du Figaro. Alors que ses avocats ont d’ores et déjà annoncé que l’ex chef d’État entendait se pourvoir en cassation, il affirme qu’il n’a « rien fait de condamnable » et assure que « la vérité finira par triompher ».

L’ancien locataire de l’Élysée, qui maintient que « tout est factuellement faux, juridiquement illégal et moralement insensé », juge que les « principes essentiels » de la justice « ont été intentionnellement bafoués » pour lui nuire. Revanchard, il promet que « tous ceux qui se sont prêtés à ces manigances en rendront compte devant les Français comme devant les juridictions européennes » et pointe notamment du doigt « certains » magistrats, qui seraient selon lui « dans un combat politique ».

« Comme un journaliste l’a révélé mercredi, la présidente de la chambre qui m’a condamné s’en est prise à moi nominativement en 2009 dans un article du Monde. N’aurait-elle pas dû se déporter, plutôt que de juger un homme qu’elle avait publiquement mis en cause de manière aussi véhémente ? », interroge Nicolas Sarkozy. « Imaginez qu’il se soit produit l’inverse. Si un juge soutenant mes idées politiques avait été désigné… Quel scandale immense cela aurait provoqué ! L’inverse devrait susciter la même indignation », observe-t-il.

« Ces affaires ne me feront jamais perdre mon honneur »

Cette partialité supposée pourrait selon lui faire son affaire devant une cour de justice européenne. « La jurisprudence de la CEDH dit qu’il suffit que l’accusé ait un doute raisonnable sur l’impartialité de son juge pour que celui-ci se déporte… », fait-il valoir.

Alors qu’il doit bientôt faire face à un second procès retentissant : celui du financement libyen de ses campagnes présidentielles, Nicolas Sarkozy nie encore une fois en bloc et assure ne pas en avoir profité pour s’enrichir : « Les comptes de mes campagnes de 2007 et 2012 ont été passés au crible ainsi que tous mes comptes personnels, ceux de ma femme et de mes enfants. Le dossier est vide. D’anciens responsables libyens avaient promis des preuves : ils n’en ont apporté aucune. »

« Ces affaires m’ont fait perdre la présidentielle de 2012 et la primaire de 2016, mais elles ne me feront jamais perdre mon honneur », estime la figure historique de l’UMP. Il saisit dans le même temps l’opportunité de remercier chaleureusement les « milliers de Français » qui lui écrivent : « Ils me donnent la force de leur amitié, de leur fidélité et de leur affection ».

LR bloquée dans une « opposition stérile ».

Alors que sa formation politique, les Républicains, va probablement à nouveau jouer un rôle déterminant dans l’hémicycle lors de l’examen début juin de la proposition de loi Liot visant à abroger le report de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans, l’ancien chef d’État juge que « coincés entre Mélenchon et Le Pen », LR est bloquée dans une « opposition stérile ».

« (Les Républicains) n’ont pas souhaité l’élection d’Emmanuel Macron, ils l’ont même combattu, c’était leur droit le plus absolu, mais au final c’est bien lui qui a été réélu. Il ne s’agit donc pas maintenant de se renier en aidant un candidat que l’on a combattu mais d’aider la France. On n’est jamais perdant quand on fait le choix de femmes et d’hommes d’État », estime Nicolas Sarkozy.

Pour gouverner la France, il est selon lui nécessaire que la droite et Emmanuel Macron prennent la peine de s’écouter : « Les Républicains manquent à Emmanuel Macron pour atteindre la majorité absolue. Or s’il ne tend pas franchement la main à la droite et si de leur côté Les Républicains demeurent sur leur quant-à-soi, ils ne risquent pas de se retrouver !  »

Si Nicolas Sarkozy invite donc indirectement les députés de droite à soutenir la majorité, le président de LR, Éric Ciotti, ne s’est pas risqué à une consigne de vote sur la PPL du groupe Liot à l’Assemblée.

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