"Je n’étais pas moi-même": avant la CAN, les confidences d'Ounahi sur son début de saison en demi-teinte avec l'OM

Les yeux rivés sur la CAN. Après une fin d’année 2023 encourageante sous le maillot de l’OM, Azzedine Ounahi s’apprête à disputer le tournoi continental sous les couleurs du Maroc, avec comme objectif de poursuivre sur la lancée de la Coupe du monde 2022, achevée par les Lions de l’Atlas à la quatrième place.

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Gêné par quelques pépins physiques au cours de la première partie de saison, le milieu de terrain assure aller "beaucoup mieux depuis ces dernières semaines" après avoir passé "des moments difficiles dans (sa) vie personnelle" sur lesquels il ne souhaite pas s’étendre. "Je retrouve le rythme et mes performances de d’habitude", assure l'ancien Angevin.

Azzedine, la série de matchs disputés avant la trêve avec l’OM vous sert-elle de semi-préparation pour la Coupe d’Afrique des nations?

Oui, c’est pour regagner encore de la confiance, car quand tu passes par des moments très difficiles dans la vie… On est des joueurs mais avant tout des humains, ça joue dans la tête, je perdais un peu confiance. Maintenant, je retrouve un peu le sourire et je progresse. Je travaille dur en dehors du terrain. J’ai aussi pris un préparateur physique qui me fait travailler après les séances. La série de matchs joués avec l’OM va me servir pour la CAN et me permettre d’être vraiment prêt à 100%.

Avez-vous parfois été déçu de vos prestations? Comment avez-vous vécu ça?

Je suis quelqu’un de très dur avec moi-même. Quand je ne suis pas bien, je ne suis pas bien. J’ai quelqu’un avec qui je travaille lors des avant-matchs et après-matchs. Dès qu’il voit que mes performances baissent un peu, il me parle direct. Je le sens que je n’étais pas bien, que je n’étais pas le 'vrai Ounahi'. Je n’étais pas à 100%, je n’étais pas moi-même. Certes, il y avait des choses qui étaient très difficiles à encaisser. Mais c’est la vie. Parfois, il faut accepter et passer à autre chose, c’est ce que j’ai fait. Maintenant, je travaille, je suis plus concentré qu’avant, ce qui fait que je retrouve un peu le rythme et le Ounahi de la Coupe du monde

Jusqu’à aller gagner la CAN?

(Sourire) On ne va pas dire pour aller gagner la CAN, mais être à 100% à la CAN, c’est ça le plus important.

Cette année, qualifiés pour la CAN, il y a vraiment de grosses équipes qui se sont révélées, avec des joueurs qui jouent un peu partout dans le monde. Il y a aussi cette demi-finale du Maroc à la Coupe du monde 2022, la meilleure performance de l’histoire pour un pays africain. Le football africain est sans cesse en train de progresser…

J’ai toujours dit qu’il n’y avait pas un seul match facile à la CAN. Que ce soit à la CAN ou en qualifications: un match en Afrique, ce n’est pas un match facile. Ce n’est pas le même climat qu’en Europe, ce ne sont pas les mêmes terrains. Il y a beaucoup de choses qui changent. On a vu que les regards avaient changé avec la Coupe du monde. On voit que, maintenant, on est l’équipe à battre. Que ce soit en match amical ou en compétition, tout le monde veut nous battre. C’est ce qui va nous pousser à être à 100% et concentrés à chaque match. On a joué dernièrement contre la Côte d’Ivoire en Côte d’Ivoire. On a vu que tout le monde était à 200% pour nous battre. Leurs supporteurs, leur coach… La CAN va vraiment être difficile. On ne va négliger aucune équipe. Ce qui va jouer, c’est aussi en dehors du terrain. En dehors du terrain, il faut rester concentrés. Je pense que l’équipe qui va vraiment rester concentrée à 100%, surtout mentalement, est celle qui va gagner la CAN.

Avez-vous franchi un cap lors de la Coupe du monde sur cet aspect, sur le fait de rester focus sur le foot? Vous sentez que ça a été un déclic?

C’est surtout l’arrivée de Walid (Regragui). Il a changé beaucoup de choses. C’est quelqu’un qui est vraiment focus sur le groupe, pas sur les individualités. On a vu ça durant la Coupe du monde. Pendant la Coupe du monde, on a commencé avec une équipe et on a fini avec une équipe. Il y avait beaucoup de joueurs formés au Maroc. La CAN, ça va être pareil: il y a une équipe qui va démarrer et il y a une équipe qui va finir. C’est juste qu’il ne faut pas faire l’erreur de la Coupe du monde. On est arrivés en demi-finale avec beaucoup de joueurs blessés, beaucoup de joueurs qui avaient des gênes. On n’était pas vraiment à 100%. Si on a un vrai groupe soudé et qu’on y va en mode mission, je pense qu’on a l’équipe pour gagner la CAN.

Vous parliez de Walid Regragui. Ce qui frappe beaucoup, c’est ce lien que vous avez avec lui, on a l’impression que c’est un membre de l’équipe à part entière, qu’il y a un feeling énorme. Il a énormément compté dans ce qu’a fait le Maroc ces derniers temps?

Franchement, oui. Avant tout, c’est un grand frère pour nous. C’est quelqu’un qui a porté le maillot de l’équipe nationale, c’est un Marocain. Il a été à notre place un jour, il sait très bien ce qui est bien ou pas bien pour le groupe. Il était joueur, donc il connaît le vice, ce qui se dit dans le vestiaire, ce qui se dit ailleurs… Il sait très bien ce qu’il se passe en dehors du terrain aussi. Il a changé beaucoup de choses dans le groupe et en équipe nationale. C’est quelqu’un qui gère les joueurs chacun avec leur mentalité, il ne gère pas les joueurs de la même manière. C’est le foot moderne. Tu ne peux pas gérer deux joueurs différents de la même manière.

Il y a un match entre le Maroc et la République démocratique du Congo en poule (2e journée, le 21 janvier). Vous allez jouer contre Chancel Mbemba… Vous en avez déjà un peu parlé ou pas? Vous lui avez dit que vous étiez sûr de gagner?

Chancel ne veut pas trop parler de la CAN… C’est quelqu’un de très attaché à son pays, mais dès qu’on lui parle de la CAN, il ne veut pas parler, il s’énerve. En plus, c’était mon premier match titulaire avec le Maroc contre lui (le troisième NDLR), on avait joué à Casablanca, chez moi (victoire 4-1 du Maroc, le 29 mars 2022 en qualification pour la Coupe du monde). C’est un bon souvenir, j’avais marqué un doublé. Ça va être un match différent. Ça va être particulier de jouer contre Chancel.

Quand vous vous baladez à Marseille, la communauté marocaine vous parle-t-elle de la CAN en vous disant qu’il faut la gagner?

Je ne sors vraiment pas beaucoup à Marseille. Après, j’en entends parler, ça c’est sûr. Sur les réseaux, on voit que tout le peuple marocain attend cette CAN avec impatience. C’est une CAN un peu particulière, car l'édition 2025 sera au Maroc. Donc si on arrive à faire un gros coup en Côte d’Ivoire, ça sera un avantage pour nous en 2025.

Comment vous vivez la pression que peuvent parfois mettre les journalistes marocains? Ils peuvent être très durs…

Ce qu’il faut savoir, c’est que nous, les Marocains, tu peux croiser un mec dans la rue et il va te parler comme ton pote, comme s’il te connaît depuis un an. Quand tu passes les zones mixtes et que tu ne t’arrêtes pas pour parler avec les journalistes marocains, ils se vexent, ils s’énervent, ils vont commencer à te parler un peu en arabe… Mais ils vont te parler en mode c’est ton pote. Mais après, on les aime bien et c’est comme ça, on ne va pas les changer.

Article original publié sur RMC Sport