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Mort d’un supporteur de Nantes: "chaque chauffeur a été attaqué", confie un VTC

David Tan était en tête du convoi de sept véhicules VTC qui transportait des supporteurs niçois à la Beaujoire, samedi pour assister au match Nantes-Nice. Sur RMC ce lundi matin, il a témoigné de l’attaque menée par plusieurs ultras nantais contre le convoi à proximité du stade. Celle-ci a viré au drame avec la mort d’un supporteur, touché par un coup d’arme blanche asséné par un chauffeur VTC.

"J’ai pensé que c’était moi qui avais tué une personne"

Après avoir adressé ses condoléances "à la famille du jeune défunt", David Tan a déroulé le fil des évènements tel qu’il les a vécus. "Quand j’ai été pris à partie, je roulais sur une route où 300 individus se sont rués sur nos véhicules", explique-t-il. "Comme j’étais le premier, ils se sont acharnés sur mon véhicule en voyant les supporters (niçois, NDLR) parce qu’ils savaient quelque chose de suspicieux mais l’enquête est en cours. Ils ont commencé à taper sur mon pare-brise, à vouloir ouvrir les portes et vouloir en découdre avec mes clients. Ce sont des supporters de 20 ans (ceux qu’il transportait) et aujourd’hui, je suis encore dans l’émotion. Ils ont voulu extirper un de mes clients, j’ai dû avancer."

"Oui, j’ai roulé sur des gens, j’ai bousculé des gens pour m’extirper de ce danger."

"Derrière dans mon rétroviseur, je voyais les jeunes supporteurs niçois tenir les portes qui s’ouvrent à l’envers comme mais j’ai un véhicule spécifique de type anglais. Mes collègues à l’arrière étaient aussi bloqués. On a réussi à s’échapper, on a prévenu des agents de police et des CRS qui sont venus en renforts, à la rescousse."

Il explique ne pas avoir vu les faits ayant conduit à la mort du supporteur nantais. "Dans cet évènement, il y a sept scénarios possibles puisque chaque chauffeur a été confronté à une attaque. A un moment, je roule sur quelqu’un donc je pense que c’est moi qui ai tué une personne. Je me livre moi en premier lieu à 21h39 au commissariat de Nantes. Il s’avère qu’à 22h50, j’apprends le décès d’une personne mais par arme blanche. Donc l’enquêteur me pose la question mais je n’ai pas d’arme blanche."

"On aurait pu changer le titre: ‘sept chauffeurs VTC ont sauvé la vie de 30 jeunes Niçois’"

"Sur mes collègues derrière, j’ai appris que chacun est descendu pour défendre son véhicule et protéger leurs clients", poursuit-il. "Des coups et blessures s’en sont suivis. J’apprends qu’un de mes collègues a peut-être sorti une arme blanche et blessé mortellement un individu. Il est reparti, a poursuivi sa mission, a fait ce qu’il avait à faire dans sa soirée de travail. J’ai envoyé des messages à mes collègues en leur disant: ‘vous devez vous présenter au commissariat’. Lui a dit: ‘OK, je finis mon truc et j’arrive après’, ce n’est pas une question de fuite."

"Je veux juste préciser quelque chose aujourd’hui. Les politiques de ma ville sont dans l’émotion et présentent leurs condoléances auprès de la victime et je suis d’accord. Mais on aurait pu changer le titre: ‘sept chauffeurs VTC ont sauvé la vie de 30 jeunes Niçois’. Le film, on peut le voir des deux côtés. Je suis aussi supporteur des canaris et je n’allais pas rouler... Les petits jeunes derrière m’ont dit: ‘fonce, fonce’, mais je ne vais pas faire du bowling. Je me suis arrêté, j’ai ouvert ma fenêtre et là: bam, bam, bam, des insultes."

Il termine enfin sur la question de l’armement des chauffeurs VTC. "Il y a la législation et ce qui se passe dans la vraie vie", conclut David Tan. "Les lois, ce sont des bouts de papier. On aimerait avoir des moyens de défense, on n’achète pas une bombe lacrymogène ou une matraque pour taper une petite mamie. Il y a des délinquants, de la folie."

Article original publié sur RMC Sport