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En Mongolie, Macron vise l’uranium à travers sa visite historique

Macron a défendu des projets énergétiques lors de sa visite en Mongolie, ce dimanche 21 mai. ( Photo : Le Premier ministre mongol Luvsannamsrain Oyun-Erdene et Emmanuel Macron se serrent la mainau palais du gouvernement à Oulan-Bator)
Macron a défendu des projets énergétiques lors de sa visite en Mongolie, ce dimanche 21 mai. ( Photo : Le Premier ministre mongol Luvsannamsrain Oyun-Erdene et Emmanuel Macron se serrent la mainau palais du gouvernement à Oulan-Bator)

ÉNERGIE - Cuivre, or, fer, uranium, terres rares, pétrole... La Mongolie est souvent surnommée le « coffre-fort géologique » de l’Asie, et cela n’a pas échappé à Emmanuel Macron. Le chef d’État a été reçu ce dimanche 21 mai pour la première visite d’un président français en Mongolie, où il a promu un partenariat axé sur l’énergie avec ce pays enclavé entre la Chine et la Russie. L’une des richesses minières qui intéresse le plus le président est l’uranium, destiné à l’énergie nucléaire sur laquelle repose sa stratégie énergétique.

Lors de sa visite, Emmanuel Macron a d’ailleurs ardemment défendu la cause du groupe nucléaire français Orano, déjà présent depuis 1997 dans le pays et candidat à un programme d’extraction d’uranium d’envergure. Ce projet, qui doit encore obtenir l’aval du gouvernement mongol, pourrait devenir l’une des plus mines les plus importantes au monde.

Ressource cruciale pour la transition énergétique

Le chef de l’Etat a assuré que le chantier respecterait les « meilleurs standards en matière environnementale et sociale », alors que la société est souvent critiquée par des mouvements écologistes locaux. « Le partenariat avec Orano est un élément structurant », « cela permettra donc d’extraire des métaux critiques extrêmement importants », a-t-il ajouté, évoquant sa quête de « souveraineté énergétique » pour la France.

Depuis le début des années 2000, l’uranium utilisé pour les centrales nucléaires françaises est entièrement importé, rappelle un article de Libération. Pour faire fonctionner le parc nucléaire, EDF a besoin d’environ 7 800 tonnes d’uranium naturel en moyenne chaque année, et fait principalement appel au groupe Orano, d’après l’enquête de nos confrères.

Paris essaye de se détacher à tout prix de la Russie pour son approvisionnement, qui s’appuie désormais sur « des sources diversifiées principalement situées en Australie, au Kazakhstan et au Niger en 2021 », indiquait le ministère de la Transition énergétique à CheckNews, en juillet 2022.

La France a par ailleurs en ligne de mire d’autres projets pour exploiter de nouvelles terres rares, pléthoriques dans le sous-sol mongol. Parmi elles, certaines cruciales pour la transition vers une énergie décarbonée, telles que le lithium nécessaire aux batteries des véhicules électriques.

Décarboner l’économie mongole

En contrepartie, Paris s’engage à faciliter le financement de la transition écologique de la Mongolie avec des coopérations sur les énergies renouvelables et le nucléaire. Ce pays semi-désertique, soumis à des températures extrêmes, est particulièrement vulnérable au changement climatique. Qui plus est, explique-t-on côté français, il est dépendant à 90 % du charbon pour son électricité et a donc besoin de décarboner son économie.

Actuellement, 86 % des exportations totales de la Mongolie, toutes marchandises confondues, ont la Chine pour destination. La moitié de ces achats chinois sont du charbon. « Le fait que la Mongolie soit sur le chemin du retour (d’Hiroshima, ndlr) nous permet de faire cette première historique » aux enjeux importants sur le « plan géostratégique », a-t-on expliqué dans l’entourage du président français.

« La Mongolie est un pays enclavé entre la Russie et la Chine, mais aussi un pays qui a un modèle de gouvernement qui est libéral, qui tient des élections, qui a connu des alternances, et qui par ailleurs cherche à diversifier ses partenariats pour être plus robuste et pouvoir traiter dans de meilleures conditions avec ses grands voisins russe et chinois », explique encore des proches du président.

À Oulan-Bator, après son entretien avec son homologue sous une yourte installée à l’intérieur du palais présidentiel, Emmanuel Macron a participé à un dîner d’État au musée Gengis Khan, du nom du grand conquérant mongol du XIIIe siècle. L’institution va prêter une partie de sa collection au musée d’histoire de Nantes, dans l’ouest de la France, pour une exposition prévue en octobre. Le président français, qui doit regagner Paris en fin de soirée, a invité Ukhnaa Khurelsukh pour une visite d’État en octobre en France.

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