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"Monaco est un club de Ligue des champions et tout le monde le sait": Denis Zakaria se confie au micro de RMC Sport

Denis, cette victoire contre Montpellier (2-0), elle était importante pour retrouver la confiance dans une période un peu plus difficile avec seulement quatre points pris sur les quatre dernières rencontres ?

Oui, c'était assez important pour nous. On était sur deux matchs sans victoire donc on voulait vraiment changer cette dynamique. Avec ce match, ça a été chose faite donc on est contents.

On a l’impression que Monaco peut alterner le très bon et le beaucoup moins bon. Comment expliquer notamment ces cadeaux faits aux adversaires ?

C'est difficile à expliquer. Je pense que sur ce début de saison on a offert pas mal de buts à nos adversaires. C’est une chose sur laquelle on doit également travailler mais je pense qu’on a une équipe assez forte. On a un très bel effectif et si on joue à notre meilleur niveau, on peut poser beaucoup de problèmes à toutes les équipes.

Est-ce que la lourde défaite à Paris a laissé des traces ?

Oui c’est clair que perdre 5-2 ça fait toujours mal. C’est jamais facile de perdre après je pense qu’on a réagi de la meilleure des manières avec cette victoire et c'est sur ça qu'on doit se baser et avancer.

Même si la dynamique actuelle n’est pas parfaite, vous avez l’occasion samedi (17h) de repousser Rennes, un concurrent à l’Europe, à 15 points derrière vous !

On va à Rennes et ce sera très compliqué face à une belle équipe. Il faudra faire un très très gros match, après comme déjà dit, si on est au top on peut poser beaucoup de problèmes à toutes les équipes. Ce sera à nous de faire le match parfait là-bas.

Dans l’ensemble, comment jugez-vous le début de saison de l’ASM ?

On est à 14 journées disputées, on a 27 points. Je pense que c'est un bilan plutôt positif. On a perdu certains points en route et on aurait pu en avoir plus aujourd’hui. Maintenant c’est le foot, c’est la vie, on se base sur ces 27 points. Je pense que c’est un début de saison plutôt positif et il faut qu’on continue comme ça.

Dans quelles mesures les blessures ont impacté ce début de saison ?

C'est sûr qu'on a perdu pas mal de gros joueurs dès le début de saison. Des joueurs qui nous auraient beaucoup aidés. Après voilà pour moi on a un super effectif. On a des supers joueurs qui peuvent remplacer ces joueurs à chaque instant et qui peuvent limite être meilleur qu’eux. Ça prouve qu’on a un super effectif et c’est super de pouvoir compter sur tout le monde.

Et sur un plan personnel, comment jugez-vous votre début d’aventure à Monaco ?

Honnêtement, pour l'instant, bien. J'ai quasiment joué tous les matchs, je me sens vraiment bien dans cette équipe. J’essaie de l’aider au maximum. Honnêtement je suis très heureux, j’espère que ça va continuer comme ça. En tout cas, de mon côté je vais donner le meilleur de moi-même pour pousser l'AS Monaco au top.

L’objectif annoncé officiellement par le club est le podium, mais Paris n’est qu’à 6 points, vous avez laissé trainer des points en route… Est-ce qu’aller chercher le titre vous semble possible ?

Comme je l'ai toujours dit, on prend match après match. On ne se focalise pas sur ce titre. Clairement. On voit chaque week-end qu’il n’y a aucun match facile. On doit vraiment se battre pour prendre les points. C’est vraiment comme ça qu’on doit penser. Essayer de gagner le plus de matchs possibles et à la fin on regardera où on sera.

Chez les jeunes, vous avez fait vos classes comme attaquant avant d'être replacé défenseur pendant une saison. Il paraît que vous n'aviez pas trop apprécié à l'époque. Est-ce que ça vous plairait davantage aujourd'hui ?

C'était en formation donc c'est sûr que de passer d'attaquant à défenseur, ça m'a fortement déplu même. Mais voilà maintenant c'est autre chose. J'ai évolué, j'ai grandi, je n'ai plus 12 ans et je pense que c'est un poste où je peux aussi aider mon équipe. Si le coach a besoin de moi à cette position, c’est volontiers que j’aide l’équipe.

Justement, c’est la troisième fois dans un troisième club différent (Young Boys, Monchengladbach et Monaco) que vous jouez sous les ordres d’Adi Hütter !

C'est un peu le hasard ! Après voilà on a une super relation, tout le monde le sait. C'est lui qui m'a lancé dans ce monde pro donc oui la relation est assez forte. J'essaie de lui rendre la confiance qu’il me donne et de me battre pour lui et l’AS Monaco. Essayer de ramener des résultats positifs.

Après votre but face à Brest, on dirait que vous lui lancez un regard un peu mesquin…

C'était surtout destiné à l'adjoint parce qu’on parle souvent de mon jeu de tête. Habituellement, je reste toujours derrière pour éviter les contre-attaques. Je leur ai toujours dit qu'il ne me mettait jamais devant et que c'est pour ça que je ne marquais pas de but. Ils m'ont mis une fois devant et j'en ai mis un. C'était un peu drôle, c’était taquin.

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Depuis votre arrivée à Monaco, qui vous a fait forte impression dans le vestiaire ?

Honnêtement je peux sortir une très grande liste, on a un super effectif. Avant d'arriver ici, je ne pensais pas que c'était aussi fort. Venir ici et voir autant de talent et de puissance dans cette équipe, ça m'a vraiment surpris. Vraiment on a des supers joueurs, de supers qualités. Je ne peux pas te sortir de nom en particulier parce que je pourrais te citer tout le monde.

Après la Suisse, l’Allemagne, l’Italie ou l’Angleterre vous découvrez cette saison la première division en France. La Ligue 1 est parfois jugée ennuyeuse et trop défensive, qu’est-ce que vous en pensez ?

Personnellement je la trouve très très bien, la Ligue 1. C’est l’un des championnats les plus durs dans lequel j’ai joué. Il y a beaucoup d'intensité, beaucoup de physique aussi. C'est vraiment pas facile.

Plus qu'en Angleterre ou Italie ?

J'ai cette impression là en tout cas oui.

Après vos expériences en demi-teinte avec la Juventus Turin et Chelsea, ça fait quoi de retrouver un rôle majeur dans un vestiaire ?

Ça fait du bien. Honnêtement ça faisait longtemps que je n'avais plus autant enchaîné de matchs. C’est vrai que pour tous joueurs de foot c'est une chose très importante de jouer, d’enchaîner. Donc oui, je suis vraiment très heureux de ça.

Vous avez 52 sélections avec la Suisse. La Nati compte de plus en plus dans les grandes compétitions, vous allez être attendu lors du prochain Euro.

Oui mais je pense qu'on n'a pas fait la meilleure qualification possible. Ce sont des choses qui peuvent arriver mais on devra répondre présent dans le grand tournoi, au moment le plus décisif. On sait qu’on a pu, sur les derniers tournois, poser pas mal de problèmes aux équipes. À nous de réitérer pour aller le plus loin possible.

Les Français s'en souviennent...

Je pense (rires).

La Suisse est dans le groupe A de l’Euro 2024 avec l'Allemagne, chez elle, l'Ecosse et la Hongrie. Ça s’annonce costaud !

Oui très clairement ! Mais quand on regarde tout le tirage, il n'y a pas de groupe facile. Oui on a un calendrier assez compliqué mais on est une équipe qui a son mot à dire et on va tout faire pour être les meilleurs dans ce groupe.

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Vous faites vos débuts en compétition européenne en juillet 2015 avec les Young Boys de Berne face à… Monaco ! C’était au troisième tour préliminaire de Ligue des champions. L’objectif c’est de faire à nouveau résonner cette musique à Louis-II ?

Je m’en souviens, c'était dur. Ah ouais ça n'a pas été un match facile, c'était une très très grosse équipe de Monaco, on a souffert (rires). C’est sûr que quelques années plus tard, on veut retrouver une place en Europe. Monaco est un club de Ligue des champions et tout le monde le sait. À nous de faire une très grosse saison pour emmener le club à sa place.

Vous avez eu comme modèle un certain Paul Pogba. Vous avez partagé le même vestiaire à la Juve, qu'est-ce ça fait de s'entraîner avec son modèle ?

C'était assez impressionnant, honnêtement. Quand j'étais jeune je le voyais à la Juve déjà faire ses exploits. C’était un joueur phénoménal et j'ai eu la chance de pouvoir jouer avec lui, d'apprendre aussi un peu de lui. C’est un super joueur, de classe internationale. C'est une superbe personne. Le courant est très bien passé. On n’a pas fait un très long moment ensemble mais ça s'est très bien passé.

Qu’est-ce que vous avez appris, justement, de vos passages à la Juve et Chelsea où vous n’avez pas beaucoup joué ?

Je pense qu'au final ça n'a pas été évident mais c'est le moment où j'ai le plus appris dans ma carrière. Après une période comme ça, on apprend que rien n'est acquis et il faut toujours travailler pour être là où on veut être. Ça m'a fait beaucoup réfléchir. J'essaie de travailler au mieux pour vivre ce genre de période parce que pour un joueur c’est très très compliqué.

Compliqué mentalement ? Physiquement ?

Physiquement déjà parce que tu ne joues pas régulièrement donc c’est dur quand tu as ta chance. Après je pense que pour moi ça allait. Mais après c'est surtout mentalement où c’est difficile parce que tu as toujours envie de jouer, de te montrer. Malheureusement on ne te donne pas l’occasion et c'était encore plus frustrant parce que l'équipe ne tournait pas bien également.

Vous avez connu plusieurs clubs et championnats mais pour l’instant votre palmarès n’est pas très garni. Est-ce qu'aujourd'hui, à 27 ans et à Monaco, l'objectif est de remplir l’armoire à trophées ?

J'espère ! Ce serait magnifique honnêtement. Après je ne suis pas obstiné par ça, pas du tout. L'important personnellement c'est d'aider au maximum le club et retrouver ces places européennes où Monaco doit être.

Article original publié sur RMC Sport