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MMA: cinq choses à savoir sur Kevin Jousset, le Français du bout du monde à l’UFC

Il est un ancien judoka de haut niveau

Originaire des Alpes, Kevin Jousset (30 ans; 9-2 en carrière) débute son aventure dans les sports de combat par le judo. "Comme beaucoup de gamins, j’ai commencé car j’avais un peu trop d’énergie", racontait-il à RMC Sport en juin dernier. Deux ans au Pôle Espoir de Rennes, deux au Pôle France de Bordeaux, montée à Paris pour s’entraîner "avec les plus gros noms de la discipline" à l’INEF et à l’INSEP, le garçon grimpe étage après étage et finit par accrocher une médaille aux championnats de France.

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Une grosse blessure à l’épaule (luxation complète) le met sur la touche et enclenche une réflexion sur l’avenir. "J’avais l’impression que je n’avais plus vraiment envie de m’entraîner en judo comme ça le demande si tu veux atteindre le plus haut niveau. Je me suis dit qu’il était temps de passer à autre chose. C’était difficile car j’avais fait ça toute ma vie. Je ne savais pas trop quoi faire." Il dit au revoir à sa passion. La vie va lui en faire découvrir une autre pas si éloignée. Mais il faudra partir loin pour la découvrir.

Il a découvert le MMA… à l’autre bout du monde

La vingtaine à peine entamée, Kevin Jousset passe une grosse année et demie en Grande-Bretagne "pour apprendre l’anglais". Puis il s’envole pour l’Australie pour "voir autre chose". Le garçon y passe un diplôme de préparateur physique. Une rencontre va changer sa destinée: "Cette personne m’a conseillé de me mettre au MMA, m’a dit qui que les mecs qui faisaient du judo étaient bons dans cette discipline. Après quinze ans pour devenir bon au judo, je me suis dit: ''Laisse tomber, c’est trop tard''. Mais j’ai fini par suivre ses conseils." Pas du genre à faire semblant, il s’engage à fond dans son nouvel univers.

"Je m’y suis mis directement à temps plein. J’ai fait un entraînement ou deux, j’ai vu que ça me plaisait beaucoup. En grappling, donc judo, jiu-jitsu et lutte, j’avais déjà un niveau très avancé par rapport à beaucoup d’entre eux. Mon pieds-poings n’était pas du tout bon par rapport à eux car je n’en avais jamais fait mais je pensais vraiment que le niveau était atteignable si je m’investissais vraiment à 100% donc c’est ce que j’ai fait." Tombé amoureux de son nouveau sport, où il adore "la liberté, le fait d’avoir tellement de possibilités, ce qui fait que tu ne peux jamais t’en lasser", il pousse les portes de la salle Absolute MMA, à Melbourne, où il rencontre du très beau monde dès 2016: Alexander Volkanovski, actuel champion des -66 kilos à l’UFC, et Craig Jones, un des meilleurs spécialistes au monde de grappling, avec qui il tourne "plusieurs fois par semaine".

Il est pote et partenaire d’entraînement d’Israel Adesanya (et pas que)

Après quatre années à progresser en Australie à progresser, Kevin Jousset entend parler de la salle City Kickboxing, à Auckland (Nouvelle-Zélande), et décide d’y faire un tour. "J’y suis allé car je savais qu'ils avaient des bons mecs en pieds-poings. " Le Français adore le lieu. Et le coup de foudre est réciproque. "Je me suis vraiment bien entendu avec toute l'équipe et ils m'ont proposé de venir là-bas à temps plein." Quatre ans plus tard, il y est toujours. Avec comme entraîneur Eugene Bareman, un des meilleurs coaches de la planète, et en partenaires d’entraînement des noms comme Dan Hooker (numéro 9 du classement des challengers chez les -70 kilos ) ou Israel Adesanya (ancien champion des -84 kilos à l'UFC), avec qui il est devenu très pote. Mais aussi Volkanovski ou Jones quand ils traînent dans le coin.

"Je ne m’en rends pas forcément compte car ma carrière a grandi autour de ces mecs-là et que je les connais comme amis, leur vie privée et tout ça, mais si je regarde, niveau qualité, je suis assez chanceux. J’ai vraiment des mecs en or pour m’entraîner. Avec Adesanya, on fait quasiment le même poids donc on s’entraîne tous les jours ensemble et ça crée des liens. Tourner avec lui? Ça envoie dur, oui, mais ne vous inquiétez pas, ça renvoie dur aussi!" La légende, relayée par leur coach commun, veut même qu’il ait fait très mal à Adesanya – qui avait chanté "Allez les Bleus! Allez les Bleus!" le jour de l’annonce de sa signature à l’UFC – lors d’une séance d’entraînement… Peu importe. Avec de tels camarades autour, le garçon a de quoi progresser à vitesse grand V.

Il a été double champion en Océanie, où il avait affronté un futur top 11 à l’UFC

Après l’entraînement, place à la cage. Kevin Jousset entame sa carrière en MMA avec deux combats amateurs en 2018 avant le saut chez les pros en 2019 dans les organisations locales HEX Fight Series et Eternal MMA. A son troisième combat, il affronte… Jack Della Maddalena, aujourd’hui onzième du classement des challengers chez les -77 kilos (sa catégorie) à l’UFC. Pour une défaite, sa première, sur arrêt du docteur.

"Le mec qu’il devait affronter s’est blessé une semaine avant le combat et ils m’ont proposé de combattre. J’étais à 2-0 et je revenais du mariage d’un pote à New York. Mais je pars du principe que les opportunités sont toujours bonnes à prendre et que tu ne sais jamais quand tu en auras d’autres donc je n’ai même pas réfléchi trente secondes. Le premier round était assez serré. Dans le deuxième, j’ai pris un coup de coude au sol et ça m’a ouvert l’arcade. Le médecin est venu dans la cage avant le troisième et ne m’a pas autorisé à reprendre. Je n’étais pas d’accord mais ce sont les règles du jeu. J’espère recombattre ce mec à l’UFC. Ce serait une belle revanche à prendre."

Après avoir affronté l’Australien en Australie, il adorerait une revanche chez lui à Paris à l’avenir. Sept combats plus tard, fin mai 2023, Jousset a pris deux ceintures chez HEX, en -77 puis -84 kilos. HEX? L’organisation où un certain Adesanya, dont il partage l’équipe de management, avait remporté le titre des -84 juste avant de signer avec l’UFC. Après son dernier combat chez HEX, Adesanya envoie même une vidéo à Dana White (patron exécutif de l’UFC) et aux matchmakers de l’organisation pour inciter à le signer. Un objectif qui sera atteint dans l’été. "Air" Jousset, surnom donné pour ses takedowns spectaculaires et aériens, rêve de débuter à l’UFC Paris début septembre. Ce sera une semaine plus tard, à Sydney, l’autre chez lui, pour l’UFC 293.

Il a régalé pour ses débuts à l’UFC et rêve de Paris

Installé chez les -77 kilos à l’UFC, catégorie dans laquelle il n’a "aucun souci à faire le poids", Kevin Jousset passe son premier test dans l’organisation contre l’Irlandais Kiefer Crosbie, ancien du Bellator qui fait aussi ses débuts à l’UFC. Pour une victoire nette et sans bavure par étranglement arrière dès le premier round. "Bizarrement, c’est l’un des combats où j’ai le moins stressé, raconte-t-il sur les réseaux sociaux de l’UFC. Je me suis senti vraiment à l’aise. Voir Bruce Buffer crier mon nom dans la cage, c’était vraiment cool. Une fois dans le combat, je me suis rendu compte que j’étais vraiment bien. Quand il a fait l’erreur tactique d’essayer de m’amener au sol, j’ai vu le contre et j’ai su saisir l’opportunité. Si tu me laisses te prendre le dos et d’enrouler mon bras autour du cou, je sais que ça va être terminé très rapidement. Après, je n’avais qu’une envie : remettre ça au plus vite et prouver à tout le monde que ce n’était pas un coup de chance mais que je suis là pour rester."

Le garçon, qui revient dans la cage trois mois plus tard, espère "quatre-cinq combats par an". Et pas question de rater le prochain UFC Paris en 2024. "À Sydney, j’ai vu Dana White après mon combat, il m’a félicité et il m’a dit: ''L’UFC est en train de se développer énormément en France, tu seras sur la carte en 2024''. J’y serai. Il n’y a pas le choix. Je veux combattre devant mon public. Je n’ai jamais combattu en France et c’est un gros objectif." Le public tricolore pourra découvrir devant ses yeux un combattant avec "de belles amenées au sol de judo", qui "(s)e sen(t) bien au sol" et "assez complet" même si son striking reste très perfectible (il est dans le cadre idéal pour progresser à City Kickboxing). "Qu’est-ce que voit quelqu’un qui me regarde combattre pour la première fois? Beaucoup de sang. Et souvent, ce n’est pas le mien."

La formule fait mouche. Elle raconte un état d’esprit et des envies de grandeur qu’il ne cache pas. Le top 15 de sa catégorie? Il en rêve pour "fin 2024" si tout s’enchaîne bien. La suite? Une quête du Graal. "L’objectif est clairement d’être champion. Je m’entraîne avec des mecs champions à l’UFC et je sais ce que je vaux contre eux. Je continue de progresser au quotidien à une vitesse très rapide. Je me donne les moyens, je m’entraîne plus dur que la plupart des mecs, je sacrifie tout ce que j’ai besoin de sacrifier pour progresser et je sais que ça va continuer de payer." Le rendez-vous avec l’avenir est pris. En attendant, il y a l’obstacle Song Kenan à passer. A Las Vegas et non en Chine, comme prévu initialement, ce qui le déçoit car il aurait aimé affronter le Chinois chez lui face à un public hostile "pour le challenge". Kevin Jousset, qui ne veut "pas de combats faciles", aime se mettre en danger. Pas grave : il a le talent pour assumer.

Article original publié sur RMC Sport