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La LFP réfléchit à un dispositif "plus clair" que le maillot arc-en-ciel contre l'homophobie

Le président de la Ligue de football professionnel (LFP) Vincent Labrune et son directeur général, Arnaud Rouger, ont indiqué mercredi qu'ils réfléchissaient à une opération de lutte contre l'homophobie "plus claire" que le maillot arc-en-ciel en Ligue 1.

Un "buzz négatif"

Le 14 mai dernier, au moins cinq joueurs du championnat de France ont refusé de porter ce maillot à l'occasion de la campagne "Homos ou hétéros, on porte tous le même maillot". Selon les informations de RMC Sport, le flocage arc-en-ciel devrait être arrêté après le fiasco de la dernière saison;

"On se pose la question de savoir de quelle manière on va continuer, les associations nous disent 'défendre la cause c'est noble, mais pas en créant un buzz négatif'", a rapporté Arnaud Rouger devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur les "défaillances de fonctionnement au sein des fédérations françaises de sport".

Pour certains, a-t-il expliqué, le message véhiculé par ce maillot "manque de clarté" et "la frontière est ténue entre lutter contre l'homophobie et faire la promotion de l'homosexualité".

"On réfléchit à un dispositif plus clair dans la communication", a ajouté le dirigeant. Devant la multiplication des chants homophobes dans les stades, Vincent Labrune a pour sa part plaidé pour une interruption systématique d'un match "au premier chant" de ce type.

"On est prêts à aller le plus loin possible, les questions de discrimination en général ça m'insupporte, les questions d'homophobie ça me rend fou", a-t-il déclaré. "Il faut interrompre la rencontre, ça me semble une bonne mesure de marquer le coup. Je n'ai pas compris pourquoi au Parc des Princes, alors que ça a duré 10 minutes, l'arbitre ne l'avait pas fait", a ajouté le président de la LFP, en référence au match PSG-OM fin septembre.

Le PSG avait été sanctionné après coup d'une fermeture pour un match de la tribune Auteuil. "Je suis pour l'interruption systématique, mais je ne peux pas être pour l'interruption définitive, en vertu du principe de réalité, parce que si on interrompt à chaque match de manière définitive il n'y a plus de match, il ne faut pas que (les homophobes) gagnent", a précisé Vincent Labrune.

Pour Arnaud Rouger, la LFP est "pionnière sur la sensibilisation" des staffs et joueurs à la lutte contre l'homophobie, "avec 48 ateliers dans 20 clubs différents", mais "ça reste très difficile". Il faut faire comprendre aux supporters que chanter des paroles homophobes, "c'est ringard", a-t-il ajouté. Il faut "qu'ils comprennent qu'ils sont à côté de la plaque, et à côté de la société dans lesquels ils évoluent".

Article original publié sur RMC Sport